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Élection du nouveau président cubain: Vers un dégel définitif avec La Havane?

Le Royaume a la ferme détermination d’ouvrir une nouvelle page dans ses relations avec Cuba.

“Une nouvelle page”, voilà ce que souhaite ouvrir le roi Mohammed VI dans les relations avec Cuba. Son message à Miguel Díaz-Canel est on ne peut plus clair. Adressé au concerné le 21 2018 suite à son élection deux jours plus tôt à la présidence du conseil d’État et du conseil des ministres cubains, il fait part de la «ferme» détermination du Maroc dans ce sens. D’ailleurs, l’arrivée au pouvoir de M. Díaz-Canel a coïncidé avec la nomination d’un nouvel ambassadeur du Royaume à La Havane en la personne du professeur et journaliste Boughaleb El Attar, anciennement détaché en tant que conseiller aux affaires étrangères à Madrid.

C’est le premier diplomate marocain à être stationné dans la ville des Colonnes depuis la rupture des relations cubano-marocaines en avril 1980 sur fond de reconnaissance par Cuba de la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD). Ces relations avaient été restaurées le 21 avril 2017 suite au séjour privé que Mohammed VI avait effectué dans les semaines précédentes au pays de José Martí et de Fidel Castro.

Les représentants permanents respectifs de Cuba et du Maroc à l’Organisation des Nations unies (ONU), Anayansi Rodríguez Camejo et Omar Hilale, avaient signé un accord dans ce sens, en exprimant la volonté mutuelle des deux pays de développer des relations d’amitié et de coopération dans les domaines politique, économique, culturel, entre autres. Rabat n’avait pas exigé de retrait de reconnaissance de la pseudo «RASD». Sa démarche s’inscrivait par ailleurs dans une série de rapprochements avec des pays opposés à l’intégrité territoriale du Maroc, notamment en Afrique.

Bonne volonté
Mohammed VI plaide cependant pour le respect mutuel des constantes nationales de Cuba et du Maroc, ce qui laisse entendre que le souhait du Royaume est que La Havane, sans nécessairement rompre ses relations avec la pseudo «RASD», ne se mêle plus directement du conflit du Sahara marocain et laisse au Conseil de sécurité de l’ONU le seul soin d’en superviser l’issue. Rappelons que le régime cubain a, depuis le commencement du conflit, fait partie des principaux soutiens de l’entité séparatiste, en la reconnaissant le 20 janvier 1980.

De nombreux éléments du Front Polisario ont suivi des formations militaires dans l’île caribéenne. Également, de nombreux enfants sahraouis enlevés par le mouvement séparatiste étaient envoyés à Cuba pour être endoctrinés. Malgré la reprise des relations et la bonne volonté du Maroc, La Havane continue pour l’instant de maintenir sa position sur le conflit du Sahara marocain. Par la voix de son journal officiel, Granma, le régime cubain avait, le 25 avril 2017, exprimé le maintien de sa position «solidaire et invariable».

L’élection de M. Díaz-Canel et la détente en cours avec le bloc libéral -dégel avec les États- Unis depuis le 17 décembre 2014- laisse cependant augurer qu’il peut, à l’avenir, virer sa cuti.

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