Les effets ravageurs du boycott

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber

Déficit monstre pour Centrale Danone


Centrale Danone annonce un résultat net déficitaire de 500 millions de dirhams pour 2018. La conséquence d’un boycott qui reste dans les annales comme le plus dévastateur dans l’histoire de l’économie marocaine.

Visiblement, Centrale Danone souffre toujours des effets du boycott dont elle a été victime depuis le 20 avril 2018. La filiale marocaine du géant français vient ainsi de publier une annonce financière selon laquelle elle prévoit une baisse de son chiffre d’affaires de 25 à 30% en 2018. Mais le plus dur et le plus chaotique pour la société reste indubitablement la prévision d’un résultat net déficitaire de 500 millions de dirhams. C’est le déficit le plus abyssal jamais subi par la société.

En 2017, celle-ci avait réalisé un bénéfice de 115 millions de dirhams. Ce recul brutal s’explique logiquement par le fait que Danone a subi les conséquences du boycott de ses produits au Maroc. Un boycott qui reste dans les annales comme le plus dévastateur dans l’histoire de l’économie marocaine. Outre les produits Centrale Danone, le boycott avait également touché deux autres produits, en l’occurrence l’eau minérale Sidi Ali, produite par la société les Eaux minérales d’Oulmès et les stations de service Afriquia. Mais des trois sociétés, Centrale Danone est de loin la plus touchée financièrement. Normal, elle fabrique l’un des produits les plus consommés au Maroc. Et, comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, les concurrents de Centrale Danone, Jaouda, Chergui ou encore Jibal, ont beaucoup profité du boycott pour gonfler leurs marges bénéficiaires.

Malgré la baisse des prix
Quelques semaines après le boycott, la société marocaine a vivement réagi sous la houlette du patron de Danone, Emmanuel Faber, qui est venu au Maroc pour secourir sa filiale. A l’issue de consultations commerciales avec les consommateurs et les épiciers, Emmanuel Faber a annoncé une baisse des prix de tous ses produits, principalement son lait frais de 3,50 dhs le demi-litre, vendu actuellement à 3,20 dhs. Plusieurs semaines après le lancement des nouveaux prix, la situation commerciale de Centrale Danone ne semble pas s’améliorer. Les ventes ne décollent pas et les consommateurs marocains maintiennent toujours la pression sur les produits de Centrale Danone. D’aucuns craignent que cette société jette l’éponge sous la menace d’une banqueroute qui risque de se produire. Mais, pour le moment, un tel scénario n’est pas encore envisagé.

Dans son dernier communiqué, Centrale Danone explique qu’elle reste mobilisée pour mettre en oeuvre sa stratégie et son engagement visant à mettre en place un modèle équitable et pérenne sur le lait frais pasteurisé. Parallèlement, Centrale Danone reste focalisée sur la maîtrise de ses coûts pour atténuer les effets du boycott, ainsi que sur l’innovation afin de continuer à apporter les meilleures propositions de produits laitiers au consommateur.

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