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Les effets néfastes du boycott

Miriem Bensalah Chaqroun.

Centrale Danone et les Eaux minérales d’Oulmès annoncent des résultats en baisse au 1er semestre 2018

Centrale Danone et les Eaux minérales d’Oulmès sont les deux sociétés ayant annoncé, officiellement, des profits en baisse au premier semestre 2018. Frappées de plein fouet par le boycott, elles ont mis en place des plans de crise.

Le boycott de certaines marques commerciales, qui a démarré le 20 avril 2018, a produit des dégâts financiers considérables pour les entreprises concernées. C’est ainsi que la société les Eaux minérales d’Oulmès, propriétaire de la marque d’eau minérale Sidi Ali, a annoncé une baisse importante de son bénéfice, de l’ordre de 88% au premier semestre 2018. Le bénéfice ainsi dégagé avoisine 9,74 millions de dirhams.

Jamais l’entreprise dirigée par l’ancienne présidente de la CGEM, Meriem Bensalah Chaqroun, n’a subi un tel revers. Cette contre-performance financière révèle la puissance de ce mystérieux boycott lancé d’une façon anonyme sur les réseaux sociaux. Sous-estimé au départ, il est devenu viral dès les premières semaines au point où les sociétés touchées commencent à réagir en produisant des communiqués explicatifs.

C’est le cas notamment de la société les Eaux minérales d’Oulmès, qui, à vrai dire, a réagi d’une façon moderne en rendant public, le 9 mai 2018, un communiqué interactif dans lequel la direction de la société dit comprendre les difficultés économiques rencontrées par les familles marocaines face à la cherté de la vie. Ceci a poussé la société à opérer de légères baisses sur son produit, Sidi Ali, objet du boycott. Si la société les Eaux minérales Oulmès a pu amortir le choc économique en annonçant une baisse de son bénéfice, la société Centrale Danone, elle, a vu son résultat net sombrer. Ainsi, la filiale du groupe français Danone a annoncé une perte sèche de 115 millions de dirhams au premier semestre 2018. Pendant la même période de l’année dernière, la société avait réalisé un bénéfice net de 56 millions de dirhams.

Une terrible chute
Entre les deux périodes, la chute est terrible. Dans un premier temps, alors que la société pataugeait dans une communication hasardeuse et mal préparée, le boycott a poussé l’entreprise laitière à réduire la quantité de lait qu’elle collecte auprès des agriculteurs locaux et à licencier un millier d’employés en contrat à durée déterminée. Dans un communiqué publié en juin, Centrale Danone avait déclaré que les pertes du premier semestre pourraient atteindre 150 millions de dirhams.

Face à l’ampleur de la crise qui a frappé sa filiale, le groupe français a dépêché son président, Emmanuel Faber, qui s’est rendu à deux reprises au Maroc pour communiquer, dit-il, avec les consommateurs marocains. Après avoir lancé une consultation commerciale auprès des épiciers, la société s’est résolue enfin à baisser les prix de ses produits. Une baisse qui n’a pas l’air d’obtenir la satisfaction des consommateurs. Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott de la marque laitière restent toujours en vigueur.

Autre société touchée par le mouvement: Afriquia appartenant à Aziz Akhannouch. Mais, pour cette société, les résultats du premier semestre ne sont pas encore disponibles. Pour sa part, le gouvernement marocain manifeste ses craintes de voir ce mouvement de boycott avoir un effet dissuasif sur les investisseurs étrangers.

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