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Traditionnellement, la fête du Trône est une date qui marque la mémoire collective. Instituée dans les années trente comme symbole de l’attachement du Peuple marocain à feu S.M Mohammed V, alors en butte aux menées des autorités coloniales, elle est depuis célébrée avec ferveur. Fidélité à un Pacte donc, mais aussi le signe d’une Nation debout, qui, avec fierté, réaffirme sa mobilisation autour de son Souverain. Au-delà de sa célébration, elle est également l’occasion de dresser un bilan d’étape.
Avec S.M Mohammed VI, le Discours du Trône se veut plus programmatique et, partant, plus opératoire. Ce qui est fait à son initiative et sous sa conduite sourcilleuse, au quotidien même, n’a pas besoin d’être rappelé: ses multiples activités sur le terrain en attestent de manière significative et éloquente.
Maroc Hebdo International, en cette circonstance, a décidé d’opter pour un angle bien particulier à l’occasion de la fête du Trône du 30 juillet 2010 : celui de la mise en exergue de la régionalisation. Dans cette même perspective, c’est ce qui est fait dans les provinces sahariennes qui est l’expression la plus vivante de cette vaste entreprise. Régionalisation et Sahara: un couple moteur dont l’enjeu et les effets vont bien au-delà des seules provinces méridionales du Royaume. C’est un autre Maroc en cours d’édification dont on a voulu traiter dans ce numéro spécial, de 70 pages.
Le principe d’une nécessaire régionalisation était en débat depuis des années; celle-ci s’imposait, bien sûr, mais il restait à en appréhender la nature et la dimension. Et c’est l’évolution du dossier diplomatique du Sahara qui va cristalliser la réflexion et conduire le Souverain à proposer, en novembre 2006, devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, un projet relatif à une autonomie dans les provinces sahariennes, une proposition qui sera finalisée cinq mois plus tard, en avril 2007, lors de sa présentation à Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, ainsi qu’au Conseil de sécurité.
C’est dire que c’est un grand chantier de règne autour duquel la mobilisation nationale doit se faire aujourd’hui et demain, tout au long de la décennie 2010-2020 et même au-delà. Ni retouches de détail ni replâtrage de ce qui existe aujourd’hui au plan institutionnel, mais un autre visage préservant l’identité et la singularité d’un Maroc fort de l’enracinement de ses fondamentaux, de la complémentarité et de la cohésion interrégionales à l’aune de la solidarité ainsi que d’une gouvernance territoriale déclinée sur des principes d’équilibre et d’efficience.
Toutes les régions du Royaume seront ainsi remodelées et c’est la mission de la Commission ad hoc à qui été confiée cette tâche de proposer un schéma approprié à ce processus qui traduit un saut qualitatif majeur à cet égard.
Mais ce sont, comme l’a précisé le Souverain, les provinces du Sud qui seront les premières bénéficiaires de cette régionalisation avancée. C’est au Sahara donc que le défi est sans doute le plus décisif pour que la régionalisation soit couronnée de succès.
La mobilisation nationale est l’affaire de tous. S.M Mohammed VI, par la nouvelle forme de gouvernance qui est la sienne, l’impulse, l’encadre, la canalise et l’oriente pour en optimiser les fruits. Il a depuis le début de son règne, voici onze ans, décidé du cap et su mettre en œuvre les instruments adéquats. Avec l’an XI de son accession auTrône, c’est une autre étape de la “longue marche” qu’il a pour volonté et pour ambition d’engager et de mener à son terme.
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