Droit à la protection rime avec droit au travail

CE N’EST PAS PAS AVEC UN TAUX DE CROISSANCE D’À PEU PRÈS 3 À 4% QU’ON VA ATTEINDRE CET OBJECTIF DE PROTECTION SOCIALE.

Dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la justice  sociale, le 20 février de chaque année, tel qu’approuvé lors de la  soixante-troisième session de l’Assemblée générale des Nations Unies  en 2007, la Chambre des conseillers consacre sa quatrième édition du  Forum parlementaire au débat sur le thème de la «protection sociale au Maroc: la  gouvernance et les enjeux de la durabilité et de la généralisation». 

Un thème d’autant plus important qu’il est en relation directe avec le nouveau modèle  de développement. Un modèle qui doit rompre avec toute les formes d’inégalité  dans la distribution des richesses. C’est de la manière dont les choix structurants qui  doivent conduire nos politiques publiques, sur les décennies à venir, en matière de  redistribution des revenus et des richesses que dépendra en grande partie la justice  sociale… Or, pour pouvoir distribuer et redistribuer, il faut créer. Garantir un avenir  pérenne passe, ainsi, plus que jamais par la création des richesses. Création qui  ne peut faire l’économie du droit au travail, notamment pour ces 600.000 à 700.000  emplois dont on a besoin par an. Or ce n’est pas pas avec un taux de croissance d’à  peu près 3 à 4%, qui ne crée dans le meilleur des cas que 100.000 emplois, qu’on  va atteindre cet objectif. Non seulement on ne crée pas assez d’emplois, mais le  taux d’emploi, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, ne dépasse guère les  35% ou les 42%, alors qu’il atteint les 65% en moyenne dans les pays de l’OCDE  ou même plus dans certains pays scandinaves comme la Finlande (87%). Pays  scandinaves qui sont considérés comme les champions des politiques publiques en  matière de redistribution sociale. 

Certes, le droit à la protection sociale ne rime pas seulement qu’avec le droit au  travail. La protection sociale existe dans les pays où, grâce à la contribution juste  et équitable de toutes les catégories de la population active aux charges de l’État,  ce dernier met à leur disposition des services publics de qualité aussi en matière de  santé, de logement ou d’éducation. La justice sociale ne peut se faire sans justice  fiscale. On est loin de cette situation, comme on est loin de l’idée selon laquelle le  droit au travail rime aussi avec le droit à l’éducation.  Du type et de la qualité de l’école qu’on va donner à notre jeunesse dépendra aussi  bien le type de travail que le type de revenu qui va déterminer quel type de solidarité  sociale on va avoir. Car sans école de qualité et emploi de qualité, il ne peut  y avoir ni sécurité économique, ni de bien-être matériel et encore moins d’égalité  des chances. Sans parler du plein-emploi, il est évident que notre pays avec ses  2 millions de jeunes âgés de moins de 25 ans non scolarisés, sans emploi et sans  formation, souffre encore de cette situation dramatique où ils n’ont d’autre choix que  d’accepter des emplois de qualité médiocre. Ce qui signifie qu’ils n’ont ni sécurité de  l’emploi, ni salaire décent et encore moins de protection sociale


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