Dépêche
Accueil » Sports » Drame de l’ancien gardien de but du Chabab de Khénifra, Lhoucine Zana

Drame de l’ancien gardien de but du Chabab de Khénifra, Lhoucine Zana

houcine-zana

Tout est parti d’un reportage  de «beIN Sports». Les images,  comme le relève le journaliste  marocain de la chaine de télévision,  Majid Chajai, sont poignantes.  Lhoucine Zana est étendu sur un lit,  Coran à côté. Les siens l’entourent, l’air  abattu. Une longue cicatrice surmonte  sa tempe droite. «J’ai confiance en  Dieu», déclare-t-il, les yeux humides.

Jusqu’à la fin de la saison 2014/2015,  Zana était sous contrat avec le Chabab  de Khénifra. Celui-ci l’avait signé,  mi-2014, en provenance du Difaâ d’El  Jadida. Le club, sur le point d’entamer sa première saison dans l’élite, veut  en faire son portier titulaire. Zana est  aligné huit fois dans les buts, en alternance  avec Mohammed Bouaamira.  En avril 2014, tout bascule. De retour  d’un déplacement dans le Rif, où le  Chabab de Khénifra fait match nul (1-1)  avec le Chabab d’Al Hoceïma, le car  de l’équipe fait un accident au niveau  du village de Bouchbel, dans la province  de Khénifra. Vingt-neuf personnes  sont blessées, dont, grièvement, cinq  joueurs du club atlassi. Zana doit être  opéré d’urgence, suite à un traumatisme  crânien. Il subit, avec succès, une opération au centre hospitalier universitaire  (CHU) «Hassan II», dans la ville de  Fès.

L’opération dure près de cinq heures.  Comateux, Zana ne sort de l’hôpital  que plusieurs jours plus tard. Mais pour  autant, il ne fait qu’entamer son chemin  de croix. Sa période de convalescence,  faite de longues séances de rééducation  chez lui, dans son village natal dans la  province de Sidi Kacem, s’éternise. Surtout,  le Chabab de Khénifra, avec lequel  il n’était lié que par un contrat d’une  année, décide de ne pas le prolonger. Du  jour au lendemain, Zana se retrouve sans  ressources. Une situation dramatique  pour le joueur, d’autant qu’il est seul à  subvenir aux besoins de sa famille. «Il n’y  a personne pour assurer à mes parents  leurs besoins quotidiens», confie-t-il.

Responsabilité légale
Aussitôt, Zana reçoit un large élan de  solidarité. L’entraîneur de l’Ittihad de  Tanger, Abdelkader Benchikha, lance  une campagne de levée de fonds, dans  le championnat national, en sa faveur.  Les supporters du Wydad de Casablanca  appellent même le président du club  rouge, Said Naciri, à signer un contrat  symbolique avec le joueur. Pour sa part,  la Fédération royale marocaine de football  (FRMF), à laquelle Zana a demandé  de l’aide, a refusé d’endosser la responsabilité  légale de la situation. D’après elle,  la faute incombe au club, c’est-à-dire le  Chabab de Khénifra, qui, théoriquement,  doit souscrire une assurance pour ces cas  de figures. Cela étant, le président de la  FRMF, Fouzi Lekjaâ, s’est engagé à aider  le joueur. Il a invoqué, notamment, «le  facteur humain».

La situation de Zana interroge, globalement,  sur la situation financière des  footballeurs locaux. En juin 2015, la  FRMF avait signé une convention avec la  Fondation Mohammed VI des champions  sportifs dans l’objectif d’assurer une  convention sociale et une retraite aux  anciens joueurs.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !