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Un dimanche Ramadanien à souk Jmiaa

Reportage dans l’un des marchés les plus populaire de Casablanca

Au quartier populaire de Derb Sultan, le marché de Jmiaa vit au rythme de Ramadan. Aux côtés des activités habituelles, d’autres font leur apparition spécialement à l’occasion du mois sacré.

Dans une ville aussi immense que Casablanca, nombreux sont les endroits où il est possible de découvrir et vivre l’esprit Ramadan avant le ftour. Parmi ces endroits figure le célèbre souk de Jmiaa, dans le quartier populaire de Derb Sultan. Réputé pour son attractivité, ce souk gagne davantage en notoriété durant le moins sacré, et voit sa taille et son importance s’accroître encore plus. En témoigne la difficulté d’y accéder. Ici, difficile de pouvoir s’aventurer en voiture, car les rues, ruelles et même les grandes voies sont totalement occupées par des centaines de commerçants. Certains sont des habitués des lieux, tandis que beaucoup d’autres débarquent ici spécialement à l’occasion du Ramadan pour profiter de la folie dépensière qui touche les ménages marocains durant ce mois. “Je viens ici presque chaque weekend pour faire mes courses. C’est devenu une habitude pour moi depuis plusieurs années”, nous explique Samir, une quadragénaire. Si lui habite assez près du marché de Jmiaa, d’autres clients réguliers défient la distance pour venir ici.

Aux abords du souk, les vendeurs d’ustensiles, de produits en plastique et autres objets d’usage quotidien sont bien installés dans leurs magasins qui longent la grande voie menant au coeur du souk. Sur la voie asphaltée, de petits commerçants ont étalé, à partir de midi, divers produits alimentaires. Des jus, du fromage, des biscuits et des gâteaux, ou encore de la viande transformée, sont entre autres les produits les plus présents.

Hausse de consommation
En avançant de quelques dizaines de mètres, les visiteurs se retrouvent au centre d’une place où les vendeuses de pâtisseries marocaines trouvent refuge. Généralement âgées, ces femmes changent d’activité durant le mois de Ramadan pour profiter de la hausse de consommation de ces produits, notamment le baghrir, le msemen et la chebakia, en cette période de l’année. Pas loin de ces commerces saisonniers, des jeunes et moins jeunes proposent des variétés de fruits et légumes, tandis que tant d’autres, souvent des adolescents, s’adonnent à une activité presque propre au mois de Ramadan. Derrière leurs petites tables, et entourés de caisses en bois remplies d’oranges, ils préparent du jus qu’ils vendent après en bouteilles de 1,5 et 0,5 litres. “Je suis en première année du lycée alors on n’a pas d’examen final cette année. Je profite des vacances prématurées pour vendre du jus avec mes amis. C’est très rentable en plus.” Nous explique Soufiane, un de ces jeunes.

Pas loin de ces derniers, les quelques grands vendeurs de gâteaux et de viennoiserie ont adapté leurs activités au mois sacré. Au devant de leur magazine, un matériel important est déployé pour la fabrication de pâte feuilletée à la marocaine. Avec des mouvements agiles et bien orchestrés, ils placent des couches fines de liquide à base de farine sur des poêles chaudes. En attendant la livraison de leur commande, les clients sont contraints de se ranger dans des files indiennes. Il faut dire que la demande en pâtes feuilletée et sablée connaît une augmentation vertigineuse en cette période de l’année particulièrement.

Cacophonie insupportable
Les cris pour attirer les clients indécis se mêlent aux échanges tendus entre passants et aux klaxons des voitures bloquées, donnant lieu à un véritable carnaval de sons. Une cacophonie sûrement insupportable pour un visiteur novice, mais une situation tout à fait normale pour un grand nombre de Casablancais.

En effet, souk Jmiaa est l’un des plus prisés dans la capitale économique. Pourtant, ici, les prix restent assez élevés. Presque au même niveau que dans d’autres marchés dans des zones moins populaires. Le mois de Ramadan entraine même une hausse supplémentaire des prix de certaines denrées. Pour s’en apercevoir, il faut avancer encore plus pour arriver à la partie couverte du souk, où différents types de commerces cohabitent. Les vendeurs de poisson s’organisent dans une sorte de mini-marché. L’affluence semble faible aujourd’hui. “C’est normal car les gens préfèrent venir les samedis pour s’approvisionner en poisson”, nous affirme un des commerçants sur place.

Manque d’hygiène
Mais ceci n’est pas la seule explication possible. Du moins selon Hamid, jeune homme venu sonder les prix. “J’ai essayé de marchander un peu, mais j’ai rapidement déchanté. Pas la peine de perdre mon temps car les prix du poisson sont hors de portée quelle que soit la réduction”, s’indigne- t-il. Même son de cloche, mais en moins fort tout de même, à notre arrivée à la partie réservée aux vendeurs de viandes rouges et blanches. Mais le manque d’hygiène et les odeurs nauséabondes sont les éléments les plus marquants ici.

Une image en contraste totale avec une autre partie, pourtant pas très loin, du souk de Jmiaa. En l’occurrence le marché d’épices et d’olives. Il s’agit probablement de la partie la plus plaisante d’une visite au souk. Les magasins sont bien aménagés. Sous un toit improvisé, les odeurs de viandes et de poisson laissent place à une myriade de senteurs et d’arômes plaisantes.

Les allées pavées entre les rangées d’échoppes sont propres et bien entretenues. Sur les bancs, différents produits sont proposés. Gingembre, safran, poivre, cumin et d’autres épices, ainsi que des plantes médicinales, sont soigneusement alignés pour former un sublime tableau riche en couleurs.

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