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« Dictionnaire des romanciers algériens », de Salim Jay

Salim Jay nous invite à une exploration passionnante du passé et du présent de l’Algérie à travers l’oeuvre des romanciers et écrivains les plus célèbres.

Impressionnant est le travail accompli par le romancier et critique littéraire Salim Jay. Celui qui a su avec talent réunir dans un dictionnaire tous les romanciers et écrivains algériens qui comptent. Qu’ils soient arabophones, amazighophones ou francophones, ces éminents représentants de la littérature algérienne méritent toutes et tous une attention particulière. On trouvera dans ce dictionnaire de plus de 550 pages aussi bien l’oeuvre des romanciers les plus célèbres que les nouvelles les plus subtiles et les plus narquoises en passant par les récits les plus déchirants ou les plus ironiques.

«Qu’il lise, parmi plus de deux cents autres, les romans traduits de l’arabe de Waciny Laredj ou de Kamel Daoud qui écrit en français, qu’il analyse l’apport lumineux de Mohammed Dib ou bien salue Samira Sedira, Hélène Cixous ou Jean Sénac, c’est à une exploration passionnante du présent et des dernières années que Salim Jay nous invite en conservant sa liberté de lecteur exigeant», nous dit l’éditeur.

En effet, Salim Jay parvient à capter notre attention, malgré la difficulté de choisir dans ce vaste chantier, tel ou tel écrivain cité dans le dictionnaire. Le principal intérêt de cet ouvrage reste avant tout de nous présenter des auteurs qui nous parlent de leur patrie, l’Algérie. Aussi bien l’Algérie de la période coloniale que celle de la guerre d’indépendance sans oublier celle de la période post-indépendance.

Ainsi, et sans prétendre à l’exhaustivité, on y apprend beaucoup en lisant, par exemple, un roman comme Le Retour au silence -recueil de neuf nouvelles (Casabah, 2003)-, de cet auteur fécond qu’est Achour Miloud. Ce natif de la Grande Kabyli est un écrivain francophone qui a été professeur et journaliste puis directeur de médiathèque avant de devenir éditeur. Bachir, le héros de la première nouvelle, hanté par le souvenir de son père, est de ces hommes qui veulent demeurer fidèles à eux-mêmes. À travers Bachir, Mouloud Achour, nous dit Sami Jay, «veut montrer l’âpreté du contraste entre les idéaux d’un homme intègre et la passion de l’accaparement observée tout autour de lui».

S’opposer à tout ostracisme linguistique et culturel, tel est le principe que défend Achour. Ce n’est pas la langue française qu’il évoque comme un «butin de guerre», selon la formule célèbre de Kateb Yacine, mais, nous dit Sami Jay, «le patrimoine national » qu’il dit être tenu pour «un butin de guerre» par une nouvelle caste «résolue à se tailler la part du lion».

C’est de cette manière que Sami Jay nous présente les autres auteurs de son Dictionnaire. Chaque fois de manière pertinente, subtile et intelligente. Une telle approche ne peut que donner envie au lecteur de les découvrir tous.

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