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Destin d’une nation

Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi

En ce mois sacré de Ramadan, prévalent évidemment le  recueillement et la piété. La communauté nationale, dans  toutes ses composantes, se retrouve, se ressource autour  des valeurs religieuses et de l’éthique qui les fondent.  Même la politique n’échappe pas à cette immersion  annuelle. Quel est l’état des lieux? Et quelles sont les raisons d’espérer  plus et mieux? Une interrogation qui recoupe pratiquement les  seize ans du Règne de SM Mohammed VI.  Pour commencer, que de chemin parcouru ! Aucun observateur  ne peut nier les grandes avancées enregistrées, même la presse  algérienne, pourtant peu suspecte de complaisance à notre endroit,  n’arrive pas à dissimuler, voire à évacuer le différentiel entre les  modèles des deux pays. Si le bilan que l’on dresse est significatif et  encourageant, c’est parce que plusieurs paramètres ont pu être  réunis de manière efficiente, opératoire, un projet de société formulé  dès le début du Règne.

Il faut reprendre, si besoin est, les dizaines  de discours et de messages de la première année du Règne pour  mesurer quels étaient déjà les axes qui allaient articuler la politique  du Nouveau Roi. C’est un cadre conceptuel qui a été posé – il avait été  sans nul doute mûrement réfléchi et délibéré bien avant l’accession  au Trône. Il s’agit d’un “noyau dur” qui allait fixer le cap – une boussole  devant se décliner sur le long terme. La clé en était la réforme,  avec son rythme et son temps. Ce qui implique bien entendu la  “continuité” dans le sens de la sauvegarde et de la préservation des  fondamentaux mais aussi dans le même temps le “changement”.

Celui de certains responsables décalés par rapport aux nouveaux  challenges, celui aussi d’une doctrine de l’État privilégiant l’amélioration  des administrés, celui enfin d’une citoyenneté qui devait être  confortée parce qu’elle est à la base de la démocratie, des droits de  l’Homme et des libertés.  Les difficultés et les résistances n’ont pas manqué, elles sont connues.  Mais le Roi a veillé à assumer la plénitude de ses attributions pour  imprimer une autre méthodologie couplée avec une gouvernance  au plus près des problèmes et des citoyens.

A cet effet, une forte dose  de volontarisme a été nécessaire pour décider les grands chantiers,  impulser les réformes structurelles, assurer le suivi continu des projets  et sillonner sans cesse le Maroc à l’écoute des citoyens. Dans cette  même perspective, la classe politique, dans toutes ses composantes,  a été interpellée pour se mobiliser autour de ces objectifs alors qu’elle  n’arrivait pas à sortir de l’électoralisme et de la gestion de stratégies et d’ambitions de carrières individuelles. Les textes sur les partis ont  été revus et corrigés pour plus de rationalité, de transparence et de  démocratie – la tâche n’est pas finie.

Le développement économique a été également stimulé, décliné  autour de stratégies sectorielles et de plans à long terme. Malgré  un environnement économique international déprimé et incertain,  le cap a été maintenu grâce à la résilience de l’appareil de production  et plus globalement à la solidité préservée des fondamentaux  macro-économiques. Sur le plan social, les résultats sont tout aussi  éclatants: c’est un modèle qui est en construction. Autour de l’INDH,  avec le concours d’autres mesures, c’est la voix du progrès et de  l’inclusion qui est à l’ordre du jour depuis des années. Pour autant, il  reste évidemment encore beaucoup à faire mais la voie empruntée  est la bonne. A l’international, un bilan tout aussi satisfaisant peut être dressé.

S’il  a un label en interne, la même qualification peut être retenue au  dehors. La diplomatie s’est redéployée vers de nouvelles latitudes  (Asie, Amérique latine, Afrique) tout en hissant le Maroc au meilleur  rang qui soit dans les partenariats stratégiques avec ses amis et alliés  traditionnels (États Unis, Union Européenne, France, Espagne…).  Enfin, sur la question nationale, le jugement est on ne peut plus  net : la marocanité du Sahara est irréversible et pérenne.

Il a fallu se  mobiliser, résister, enjamber des pressions et des manoeuvres. Mais  le Maroc a tenu bon, le Roi faisant montre d’une sagacité, d’une  fermeté et d’une détermination.  Ces mêmes qualités ont permis de surmonter la crise du printemps  arabe en 2011 en préservant l’unité nationale et la cohésion sociale  autour d’un grand chantier lié à la nouvelle Constitution de juillet  2011. Quel contraste donc avec tant d’autres pays de la région, au  Maghreb ou ailleurs ! Destin d’un Roi et d’un peuple. Destin d’un Roi  et d’un peuple… Une bénédiction divine

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