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Les députés du RNI accusent BIM de pratiquer le dumping

Les petits commerçants menacés de faillite

Accusée de concurrence déloyale, l’enseigne turque continue, en revanche, son expansion commerciale avec à ce jour l’ouverture de plus de 400 points de vente. Les petits commerçants, eux, craignent la banqueroute.

Faut-il voir dans BIM, célèbre marque commerciale turque, une menace sérieuse pour le commerce local? C’est la question que les députés du RNI ont adressée, lors d’une séance orale au parlement, le 30 avril 2018, au secrétaire d’Etat à l’investissement, Othman El Firdaous. Les élus du RNI accusent, en effet, cette enseigne commerciale turque spécialisée dans la grande distribution de concurrence déloyale et même de dumping face aux petits épiciers marocains, qui tentent de résister tant bien que mal face à cette expansion tous azimuts de l’opérateur turc. Si les députés du parti de la colombe ne sont pas allés jusqu’à demander à freiner l’expansion de BIM, ils ont au moins appelé à protéger le petit épicier du coin en demandant une intervention active de l’Etat.

Une situation dramatique
Le député du RNI Abdellah El Ghazi, qui a posé la question au ministre, ne s’en cache pas: «La situation économique et sociale de nombreux épiciers est dramatique. En cas de non réaction de l’Etat, c’est la faillite inévitable pour ces petits commerces. Mais, au delà du problème posé par BIM, nous avons évoqué toutes les difficultés auxquelles font face les épiciers, à savoir la couverture sociale et médicale et la précarité de leurs conditions de vie».

Depuis 2009, BIM étend ses tentacules sur le territoire marocain avec à ce jour l’ouverture de plus de 400 points de vente. En choisissant de s’installer dans les quartiers populaires et à proximité des coins résidentiels, BIM constitue probablement une menace sérieuse pour les petits commerçants. Cette menace est d’autant plus confirmée que «le discounter» turc casse les prix sur pratiquement tous les produits de grande consommation. Pis encore: BIM est accusée par les parlementaires du RNI de vendre à perte, ce qui porte un doute sur la crédibilité de son business model. Pourquoi déclare-t-elle toujours des déficits alors que les investissements réalisés ne sont pas importants? En effet, BIM n’achète pas et ne construit pas les locaux commerciaux où elle exerce son activité; elle les loue à des prix très négociés, d’où des investissements très faibles. En plus, ses charges de fonctionnement sont réduites au maximum, ce qui limite considérablement ses charges d’exploitation. À cela s’ajoutent les subventions directes et indirectes qu’elle perçoit de l’Etat turc pour continuer à percer sur le marché international. Cette stratégie commerciale, pour le moins avantageuse, étouffe sérieusement les commerçants de proximité.

Mais les responsables de BIM, visiblement déstabilisés, rejettent en bloc toutes les critiques formulées par les élus du RNI. Ils expliquent que leur offre commerciale n’est pas concurrente avec les petits commerçants mais elle est plutôt complémentaire. Concernant la pratique des prix cassés, ils avancent qu’elle fait partie de la politique commerciale de l’enseigne, qui parvient à maîtriser les coûts d’achat des produits en s’appuyant sur une chaîne de distribution plus courte et donc plus avantageuse en terme de coûts.

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