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Quand la démocratie sociale fait défaut

Seddik Mouaffak

Méprisée, la démocratie économique a laissé place à un marché triomphant.

Une démocratie politique qui ne repose pas sur une démocratie économique et surtout sociale ne sert pas à grand-chose. Ailleurs et plus particulièrement chez nous l’idée d’une démocratie économique est méprisée. Elle a laissé place à un marché triomphant. Un marché qui laisse le citoyen à la merci du système des prix. Prix le plus souvent orientés à la hausse qu’à la baisse. Nos citoyens- consommateurs qui, en plus d’être en manque structurel de pouvoir d’achat, se trouvent de plus en plus démunis face à l’opacité des prix manipulés, notamment, par certains opérateurs économiques qui ne respectent même pas le minimum de transparence. Cette situation est d’autant plus grave quand les pouvoirs publics ne font rien pour stopper l’hémorragie. Ne réagissant souvent que sous le coup de la colère populaire. Réaction tellement tardive qu’elle ne résout rien puisqu’elle ne pas s’attaque aux racines du mal. Un mal qui réside dans les structures d’une société foncièrement inégalitaire. Une société où la démocratie sociale fait défaut.

Par ailleurs, on entend à chaque fois les experts de toute sorte nous dire que nous allons devenir un pays «émergent». Bien que ce statut ne soit pas l’apanage de celui qui veut, mais le fruit de la mise en oeuvre de réformes longues et difficiles, il nous suffit, nous rassurent ces experts, de commencer par le maintien des équilibres macro-économiques et financiers pour que le reste s’ensuive. Or, justement, ce qui reste est énorme. Il exige, d’abord, comme préalable une croissance de l’économie marocaine pérenne à des taux jamais réalisés jusqu’ici; 7% de taux de croissance annuelle au moins. Il exige, ensuite, un système équitable de redistribution des richesses.

En fait, ces experts, suivis presque fidèlement par nos politiques, ne font que nous promettre le mirage d’un état social futur. Faute d’une philosophie politique claire allant dans le sens de la justice sociale, l’état social qu’on nous promet existe plus sur le papier que dans la réalité vécue.

Or, c’est à cette réalité que nos concitoyens sont confrontés tous les jours. Ce ne sont pas ces mesures ciblées sur les pauvres parmi les pauvres qui vont changer grand-chose. Ni même les fonds d’appui à la cohésion sociale comme celui qui existe chez nous et qui porte le nom de FACS. Disposant de maigres ressources, quand il n’est pas en rupture de financement, le FACS marocain est particulièrement utilisé comme un filet de sécurité censé améliorer la situation aussi bien des enfants en difficulté de scolarisation dans le milieu rural que celle des malades appartenant aux milieux les plus défavorisés sans oublier celle de ces milliers de veuves et d’orphelins. Soit autant de millions de handicapés sociaux dont le sort n’est pas à envier.

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