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Décès de l’écrivain français, ami du Maroc, Jean d’Ormesson, 92 ans

Le dernier des immortels

On le décrit comme un homme de droite qui défend des idées de gauche. Grand ami du Maroc et de S.M. Hassan II, l’écrivain et académicien français Jean d’Ormesson est mort mardi 5 décembre 2017, chez lui, en banlieue parisienne. Il a succombé à une crise cardiaque à l’âge de 92 ans.

Ami des présidents français de la cinquième république, de Georges Pompidou, dont il était pratiquement un conseiller, à François Mitterrand, un confident même s’il est difficile d’être ainsi avec l’ancien président socialiste, en passant par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore François Hollande. L’écrivain qu’il était avait de l’autorité sur les hommes politiques, aussi présidents de la république soient-ils. Ils avaient tous, à un degré ou un autre, de l’estime pour lui. Ce n’est pas pour rien qu’Emmanuel Macron, président français, le décrit en ces termes: «Jean d’Ormesson, c’était l’esprit français. C’est-à-dire ce mélange incomparable d’élégance et de grâce, de profondeur sans lourdeur, de curiosité inépuisable et de goût de la vie… Il donnait libre cours à son immense culture, à son goût de la grande et de la petite histoire, à ce sens de l’absurde caché derrière un humour espiègle».

Le courage de ses idées
Fils d’ambassadeur, Jean d’Ormesson, normalien et agrégé de philosophie, entreprend une carrière de haut fonctionnaire, occupant de 1946 à 1977 plusieurs postes de responsabilité. En 1956, il publie son premier roman, L’Amour est un plaisir, avant d’enchaîner avec La Gloire de l’Empire (1971), énorme succès littéraire qui lui a valu d’être distingué du grand prix de l’Académie française, Au plaisir de Dieu (1974), Presque rien sur presque tout (1996) et les deux livres «testamentaires», Le Rapport Gabriel (1999) et C’était bien (2003), Plusieurs fois distingué, Jean d’Ormesson publie en 2013, Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit».

Elu en 1973 à l’Académie française, éditorialiste et ancien directeur du Figaro (1974- 1977), Jean d’Ormesson a eu, en 2015, la récompense suprême dont rêve tout écrivain français, celle d’être édité dans la collection La Pléiade des éditions Gallimard. Humaniste, habitué des plateaux de télévision même à son âge avancé, Jean d’Ormesson avait le sens de la répartie, le courage de ses idées et la maîtrise du verbe. Avec sa mort, le Maroc perd un ami, un libéral éclairé qui, toute sa vie durant, a défendu les démunis. Lui qui répétait souvent que «la vie est courte, mais avec quelques longueurs» ne peut pas dire, de là où il est maintenant, que la sienne n’a pas été longue. Au sens noble du terme.

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