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Décès de Khalili Rguibi, père de Mohamed Abdelaziz, 92 ans

Un fidèle serviteur de son pays

Le père de l’ancien secrétaire général du Polisario a rendu l’âme ce 21 octobre des suites de complications gastriques.

Beaucoup de Marocains ignoraient jusqu’à son existence. Et pourtant, Khalili Mohamed El Bachir Rguibi avait toutes les raisons de leur être familier: il n’était autre que le père de l’ancien secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz (de son vrai nom, Mohamed Rguibi). Mais feu Rguibi avait en horreur les lumières. Depuis qu’il avait pris sa retraite des Forces armées royales (FAR) à la fin des années 197, il avait choisi de se cloîtrer dans le silence et, surtout, de mener paisiblement sa vie, loin du bruit et de la fureur suscités notamment par l’affaire du Sahara (il s’était contenté d’occuper un poste honorifique au Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS), mais plus par devoir que par attrait pour les fonctions clinquantes).

Des actes héroïques
Au privé, on savait qu’il désapprouvait la trajectoire prise par l’aîné de ses treize enfants, qui avait trahi son pays et répondu aux sirènes de l’Algérie: depuis la fondation du Polisario en 1973, ils ne se sont d’ailleurs plus jamais adressé la parole. «Abdelaziz l’avait poignardé dans le dos,» témoigne un proche de la famille Rguibi. Feu Khalili Rguibi a donc, ce 21 octobre 2017, rendu son dernier souffle à l’hôpital militaire d’Inezgane, où il avait été admis deux jours plus tôt des suites de complications gastriques. Il était âgé de 92 ans. «Le défunt a servi, pour de nombreuses années, en tant que capitaine dans les FAR, avec abnégation, loyauté et fidélité,» a pudiquement rappelé, à cette occasion, le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. Le Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération a, pour sa part, salué la mémoire d’un fervent défenseur de l’unité nationale et d’un combattant aux innombrables actes héroïques.

Né en 1925 dans la région de Sakia El Hamra, dans le Sahara alors espagnol, M. Rguibi a grandi dans une famille nourrie de sentiments nationalistes et patriotiques. Sa tribu d’origine, les Rguibat, avait fièrement combattu l’armée coloniale espagnole, sous commandement du résistant Mae El Aïnine (aujourd’hui enterré à Tiznit). Ainsi, quand l’Armée de libération nationale (ALN) s’apprête, en 1957, à attaquer les positions espagnoles au Sahara, il prend rapidement sur lui de la rallier. Plus tard, la même année, il intègre les FAR. Il sera successivement affecté à Tantan, Chefchaouen, Kénitra, Marrakech et Kasba Tadla, où il finira une partie de ses jours (le reste du temps, il le passait auprès de ses enfants et petits-enfants à Laâyoune).

Pendant ce temps, son fils, Mohamed Abdelaziz, sera recruté comme agent par Kasdi Merbah, puissant patron de la sécurité militaire algérienne, qui le placera à la tête du Polisario en 1976 après avoir fait assassiner El Ouali Mustapha Sayyed lors d’un raid de l’organisation séparatiste sur Nouakchott. En novembre 2016, M. Rguibi s’était vu décerner, à l’occasion de la fête de l’indépendance, le Wissam Al Mokafaâ Al Watania, de grade d’officier, par le roi Mohammed VI.

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