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De plus en plus de Casablancais optent pour la plage de Ain Diab pour prendre leur ftour

Ambiance ramadanienne sur la corniche

Des centaines de Casablancais préfèrent partir à la plage de Aïn Diab pour prendre leur ftour. Un espace idéal pour se détendre après une longue journée de jeûne, mais aussi pour profiter d’une ambiance spéciale entre famille ou amis.

Il est 19h00 passées de quelques minutes. Sur le boulevard de l’Océan atlantique qui s’étend en parallèle de la plage de Aïn Diab, plusieurs voitures se pressent pour trouver une place où se garer. A moins d’une heure avant la rupture du jeûne, cet espace devient un véritable point d’attraction pour les habitants de la métropole. «C’est un calvaire de trouver une place libre dans un parking par ici. Et puis on se retrouve parfois à la merci des gardiens qui imposent leurs tarifs aux conducteurs», s’offusque Soufiane, après être descendu de sa voiture. Ce trentenaire est parmi les nombreuses personnes qui préfèrent prendre leur ftour ramadanien à la plage. C’est devenu même une tendance dans les villes côtières du Royaume, alors que le mois sacré coïncide avec la période chaude de l’année ces dernières années.

«Déjà que je suis un amoureux de la mer, et avec le Ramadan, c’est une occasion de casser la routine et de faire les choses différemment au lieu de rester chez soi pour prendre le ftour», poursuit-il.

Si le jeune trentenaire a déjà donné rendez-vous à son ami pour se rencontrer sur place, d’autres préfèrent venir en groupe pour une meilleure ambiance. Entre amis ou membres de famille, des centaines de personnes affluent ici pour trouver une bonne place sur le sable de la plage. Certains se préparent tout et ne laissent rien leur échapper. En plus des repas, ils amènent également leurs propres tables, chaises et autres équipements dont ils auront besoin. C’est le cas de Abdellatif, père de famille, venu en compagnie de sa femme et ses deux enfants. «C’est surtout cette fraicheur dans l’air qui m’incite à venir ici, mais le reste ne change pas. Les plats sont les mêmes, l’ambiance aussi mais sans l’écran de télé, bien évidemment», indique-t-il. Mais d’autres préfèrent ne pas trop se soucier des préparatifs. C’est le cas d’un groupe d’une trentaine de jeunes qui ont préféré, à l’instar de la majorité des personnes présentes ici pour le ftour, louer des chaises et des tables sur place. Au vu de leur nombre, ils devront payer un peu plus d’une centaine de dirhams. Toutefois, les prix peuvent varier selon la capacité du client à négocier avec les propriétaires des sièges.

Moments de détente
«Nous sommes trop nombreux, ce qui rend impossible de tout assurer nous-mêmes. Même pour la nourriture, on laisse la liberté de choix à chacun de nous et ce n’est que sur place qu’on s’arrange en fonction de ce qui est disponible», nous explique Abderrahim, l’un des initiateurs de la rencontre. Autour de la même rangée de tables, ses amis mettent la touche finale à moins d’une trentaine de minutes de l’appel à la prière du maghrib. «Ça fait du bien de voir ses amis dans un cadre pareil et de partager des moments de détente autour d’un repas, d’autant plus que je suis enfin libérée après avoir passé tous mes examens de fin d’année», nous explique Yousra, une étudiante dans un établissement universitaire à Casablanca. «Il n’y a pas mieux que l’image du coucher de soleil, et le vent qui souffle pour déguster les plats traditionnels marocains après une longue journée de jeûne», reprend Lamya, qui l’aide à agrémenter les tables.

Journée d’évasion
A quelques mètres d’elles, encore plus près du bord de la mer, certains optent pour plus de fraicheur et préparent la cuisine sur place. Des plats à base de poisson en général. D’autres groupes se forment autour des tables par-ci et par-là. Les jeunes sont en effet les plus présents ici. Ils s’organisent notamment dans des groupes sur le réseau social Facebook pour planifier se genre d’activités.

Mais bien évidemment, cette plage casablancaise attire d’autres sortes de visiteurs. Dont notamment les adeptes de la pêche à la canne, qui débarquent des heures bien avant, ou encore les pratiquants de sports, plus particulièrement le football. Pour cette catégorie, le ftour à la plage n’est que la conclusion d’une journée d’évasion et de divertissement à la plage. «Cela fait 5 ou 6 ans que j’ai décidé de passer mes journées libres du Ramadan à la plage. Je sens que c’est bénéfique pour ma santé mais aussi pour mon esprit», souligne Youssef, venu l’après-midi pour disputer un match à la plage avec des collègues.

Au milieu de ce mélange hétéroclite, quelques vendeurs ambulants de produits alimentaires préfèrent rester ici pour profiter le plus possible de l’affluence des déjeuneurs. «Si je reste ici même pendant le ftour, je gagne quelques dizaines de dirhams de plus. Cela vaut le coup de rompre le jeûne tout seul dehors, loin de sa famille», nous explique Haitam, un des ces commerçants.

Mais une fois l’heure zéro arrivée, et l’appel à la prière d’Al Maghrib juste achevé, l’espace devient soudainement plus calme. Si certains se mettent directement à se délecter des plats qu’ils ont soigneusement confectionnés, d’autres préfèrent d’abord faire leur prière avant de rejoindre leur table. Toutefois, un seul bémol entache ce climat de joie et de bonne humeur. Après la fin du ftour, certains visiteurs quittent les lieux sans ranger les déchets qu’ils ont générés. Une pratique condamnée par plusieurs, mais qui persiste pourtant chaque jour.

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