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De Larbi Benbarek à Mehdi Benatia, des grands joueurs marocains qui ont joué en Europe

Foot sans frontières

Le Maroc a été cette nation de foot qui a produit de grands joueurs, contribué à l’installation du professionnalisme et accompagné la levée des barrières frontalières au profit de l’immigration sportive. L’équipe nationale actuelle a tous les atouts pour faire autant, sinon mieux, que ses illustres prédécesseurs.

L’équipe nationale qui a gagné sa qualification pour la coupe du monde de Russie contre la Côte d’Ivoire, le samedi 11 novembre 2017, avait comme un parfum international. On en a déjà une première impression lorsque l’un des joueurs est agrippé, au hasard, par les journalistes, entre le terrain et le vestiaire. Une prise de parole où le débit est régulier, les mots appropriés et l’expression juste.
Nos champions n’ont pas le trac du micro. Un fait attire particulièrement l’attention. Les langues étrangères sont couramment parlées, avec une préférence pour la langue du pays où l’interviewé officie. Pour cette équipe, c’est le français et le hollandais qui ont prévalu. Cela aurait pu être différent avec un groupe monté autrement.

Un choix difficile
Lorsqu’on pousse la curiosité un peu plus loin, un autre facteur s’impose de lui-même: Pas moins de 18 joueurs sur 26 sont nés hors du Maroc ou partis très jeunes à l’étranger. Quelques exemples parmi les plus illustratifs; ceux de nos deux buteurs de cette rencontre. Mehdi Benatia, le capitaine, est né dans l’Essonne, en France; et Nabil Dirar, parti avec ses parents en Belgique à l’âge de 12 ans. Quant aux frères Amrabet, Noureddine et Soufiane, ils ont pour terre natale Amsterdam, dans les Pays-Bas.

Ce sont tous des enfants de l’avant-dernière génération de l’immigration. Leurs parents ont choisi de vivre et de procréer dans leurs pays d’accueil. Un choix difficile qui se situe à la confluence de l’intégration d’un côté et de l’attachement aux sources culturelles et identitaires, de leurs pays d’origine, de l’autre.
Pour les parents des footballeurs retenus dans cette équipe, c’est un peu plus qu’une mission éducative accomplie; c’est carrément une prouesse.
La société européenne connaît des turbulences et des dérives qui affectent essentiellement sa jeunesse. En sortir indemne tout en étant dedans n’est pas du tout facile. Surtout pour un sportif de haut niveau pour qui la condition physique est primordiale, avant même l’acquisition de la technique.

Il s’agit en gros d’un corps sain exposé à toutes les tentatives dérivatives. Une situation qui suppose l’adoption d’un mode de vie adapté pour le sportif; et un travail de tous les jours pour la famille. Nos footballeurs résidant à l’étranger sont le produit d’une volonté personnelle affirmée et d’une vigilance familiale sans faille. Les plus talentueux d’entre eux comme ceux qui constituent cette sélection, ont dû résister à des offres alléchantes pour jouer sous d’autres couleurs. Ils ont préféré mouiller le maillot pour leur pays d’origine. Comme quoi, on ne se déracine pas aussi facilement.

Plébiscite universel
Le phénomène de l’immigration sportive n’est pas nouveau. Il s’est juste accentué ces derniers temps. En fait, le monde au sport s’est mondialisé avant la lettre et sa connotation nouvelle. Les Marocains ne sont pas les derniers venus dans ce sport qui s’est professionnalisé tout en brisant les barrières frontalières et les entraves de l’amateurisme. Premier sport populaire de la planète, le football a été aux premières loges dans cette évolution. Nous pouvons légitimement dire que nous y étions; mieux encore, que nous y avons contribué. Pour s’en convaincre, il suffit d’approcher le parcours de quelques grands joueurs marocains qui se sont expatriés pour gagner leur vie et pour se donner une audience plus grande.

Quitte à avoir l’air de remonter au déluge, on ne peut faire l’économie d’un nom incontournable, Larbi Benbarek. Il a été reconnu dans les années 1930, 40 et 50 comme le meilleur footballeur de tous les temps. Une sorte de plébiscite universel auquel la voix du roi Pelé n’a pas manqué. La «Perle noire» a fait le bonheur des grands clubs français et espagnols, à la grade satisfaction de leur public. Le précurseur a ouvert la voie; une nouvelle génération de footballeurs marocains, tout aussi brillants, s’y est engouffrée. Ils ont donné au football national et international une dimension à la fois spectaculaire et efficace; alliant l’art et la manière. Dresser une liste exhaustive de ces joueurs hors normes n’est pas le but de ce propos. Quelques noms parmi les plus illustres suffisent. De 1940 aux années 60, Abderrahmane Belmahjoub est sacré «Prince du parc» par la presse parisienne, par référence à l’élégance de son jeu et de son caractère. Abdallah Zhar a été l’autre «Perle noire», après Benbarek. Il a fait équipe avec les grands noms du football français, essentiellement à Reims, tels Raymond Kopa et Roger Piantoni dans les années 1960.
À la coupe du monde de Mexico en 1970, la prestation de l’équipe nationale menée par Driss Bamous a fait date. Le Maroc est reconnu comme une nation du football moderne. Hassan Akesby figure parmi ceux qui y ont contribué. La confirmation viendra avec la victoire du Maroc à la CAN-1976 en remportant le trophée africain sous la conduite du regretté Mehdi Belmajdoub, en tant que secrétaire général de la FRMF.

L’empreinte des grands
Parmi les joueurs qui n’ont pas eu l’opportunité de se produire à l’étranger, personne n’oubliera Ahmed Faras et ses 42 buts en équipe nationale. Dans cette longue cavalcade historique il y a eu, évidemment, des périodes de vaches grasses et d’autres de vaches maigres; en termes de productivité du jeu et de rendement par le résultat. Tout indique que nous sommes, actuellement, dans le premier espace-temps. Des talents aguerris ou prometteurs, nous en avons à revendre. Il suffit de les encadrer techniquement et de les gérer administrativement.

Côté technique, nous avons eu une longue file d’entraineurs qui ont laissé leur empreinte sur le foot marocain. Certains se sont tellement sentis à l’aise au Maroc qu’ils s’y sont définitivement installés, tel Mehdi Faria, qui en a épousé la culture avec ses us et coutumes. L’actuel coach, Hervé Renard, semble bien s’entendre avec les joueurs. C’est la première équipe africaine qu’il mène dans le tournoi final de la Coupe du monde.

Un événement qu’il aura à coeur de marquer d’une pierre blanche. L’enjeu personnel de ce baroudeur de toutes les contrées d’Afrique, rejoint les espoirs et les objectifs du Maroc. Une convergence dont il faudra bien faire quelque chose sur l’aire de jeu.

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