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De la veuve au handicapé

Driss Fahli

Driss Fahli

Après la veuve et l’orphelin, voilà venu le tour des promesses pour le handicapé. Avec l’approche révisée des élections, le gouvernement s’ingénie à transformer l’argent public, ramassé à coups de crédits en dollars et d’essorage des contribuables facilement accessibles, en donations à la veuve, à l’orphelin et le handicapé. Les largesses gouvernementales vont aussi aux fonctionnaires handicapés de leurs mains qui pullulent dans les ruches d’une administration où le pot de thé a remplacé le pot-de-vin. Se sucrer par délectation est mieux que s’enivrer en toute ébriété. Heureusement que les handicapés mentaux ne sont pas prévus au programme. Avec tous les coupeurs de têtes et les casseurs de cultures potentiels de cette exécrable donne mondiale, le trésor public serait siphonné en un rien de temps.

Mais que voulez-vous ? Le bulletin de vote a des raisons que la raison ne connaît pas. Le gouvernement oint les élections et les élections font le gouvernement, nous autres spectateurs des intrigues nous sommes là pour payer les pots et les pots cassés. Si on était au moins assuré qu’avec ce binz issue du génie éminent de je ne sais quelle cervelle, on allait trouver les hommes politiques qu’il nous faut pour aller de l’avant, on pourrait se la fermer en compensation de la satisfaction de trouver sur le terrain ce qu’on nous taxe de la poche. Le pas recommandable Adolf Hitler, qui s’y connaissait en chameaux et en propagande, disait «qu’on a plus de chance de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de découvrir un grand homme au moyen d’une élection». Va donc pour les p’tits hommes, la propagande, la veuve, l’orphelin, et tout le reste. Certes, le pays se doit d’aider ses nécessiteux, mais même au 21ème siècle, apprendre à pêcher à celui qui a faim, vaut toujours mieux que de lui donner un bout de sardine.

Nos handicapés, qu’ils soient pauvres ou riches, ne peuvent même pas circuler en ville sur leurs chaises roulantes. Rien n’est fait pour leur accueil spécifique. Les écoles ne sont pas faites pour eux. La chance d’avoir un emploi pour un handicapé physique est comparable à découvrir une aiguille dans une meule de foin. Les trottoirs de la ville sont annexés par les terrasses librement étendues des cafés et par des nuées de vendeurs de toc de toutes sortes qui barrent le chemin. La meilleure façon de les aider n’est pas de leur refiler deux biffetons et trois sous, mais de construire l’environnement auquel ils ont droit au nom de l’égalité des chances. Messieurs les bons samaritains du gouvernement, réservez donc cette aumônière pour la fondation d’écoles pour les élèves en situation de handicap. Des écoles inclusives qui savent s’adapter à leurs besoins. Une veuve est une femme dont le mari légal est mort en lui laissant souvent des orphelins. Plus que la veuve et l’orphelin il y a la jeune fille mère et son enfant adultérin taxé socialement de bâtard.
Ces deux êtres sont exclus des générosités gouvernementales. Ils n’ont qu’à crever sous le poids de la honte et du silence. Pire, leur soutien peut s’avérer contre-productif électoralement dans une société qui croule encore sous le poids de l’ignorance et des tabous.

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