Dépêche
Accueil » Economie » De moins en moins de recettes pour la presse écrite

De moins en moins de recettes pour la presse écrite

Le marché publicitaire marocain estimé à 3,4 milliards de dirhams

À quand un observatoire de  la publicité au Maroc? Le  besoin se fait tellement  pressant que les estimations  annoncées par tel ou tel organisme  se contredisent ou ne satisfont  pas à l’exactitude scientifique. Une  exactitude qui servirait à expliquer  les raisons de la compression de la  part du gâteau réservée à la mère des  médias, la presse écrite. Mais voilà,  bonne nouvelle! L’idée de création  d’un observatoire, née, germée et  développée au sein de l’Union des  agences conseil en communication  (UACC), n’en est plus au stade de  projet. Elle se concrétisera, selon Aissam  Fathya, directeur général de Kenz  Média et membre de l’UACC, avant la  fin de l’année 2017.

Un ouf de soulagement puisqu’à ce  jour, les estimations et les chiffres  révélés sont encore loin de la réalité.  Il y a quelques jours, une rencontre organisée par l’Association marocaine  du marketing et de la communication,  sous le thème: «Le marché publicitaire  au Maroc, entre contraintes et  transformations», a fait savoir que l’investissement  total du marché marocain  d’achat d’espace publicitaire est  estimé en net à 3,4 milliards de DH, en  2016. On dit bien «estimé», pas évalué.  La nuance s’impose. Cet investissement  est dominé par la télévision  et l’affichage à 30% chacun, la radio  draine 25% et la presse écrite se situe  à moins de 15%. Ce sont les espaces  digitaux qui ont connu une forte progression  en raison de la disponibilité  de l’Internet et de la démocratisation  des journaux électroniques, soulignent  les membres de cette association.

Le digital en progression
Pour Aissam Fathya, le marché publicitaire  est un marché jeune qui n’a pas  encore atteint ses limites. Malheureusement,  pour l’heure, dit-il, «nous  n’avons pas de chiffres qui reflètent la  réalité de ce marché, car qui va faire  une étude détaillée de tous les médias  locaux et étrangers qui reçoivent les  investissements publicitaires et qui va  évaluer l’argent qui transite par Google  et par Facebook et dans les télés  panafricaines, à titre d’exemple?». En  revanche, soutient ce professionnel  chevronné, ce dont on dispose pour  l’instant, c’est un baromètre établi par  le cabinet Imperium Media, qui avance  le chiffre de 714 millions de dollars  en 2016, un chiffre qui ne tient pas  compte des dégressifs, réductions,  gratuités… accordés par les médias  aux annonceurs et agences.

Un marché fragile
Le directeur général de Kenz Media  ajoute par ailleurs que, depuis 2013,  année où la progression a atteint un  taux historique de 13%, le marché  publicitaire ne progresse plus à deux  chiffres: 4% en 2014, 8% en 2015 et  4% en 2016.

Normal, quand on constate que le  gâteau est presque le même alors que  les prétendants à des parts deviennent  de plus en plus nombreux. Un autre  constat non-négligeable à relever:  30% des investissements sont accaparés  par les dix premiers annonceurs,  ce qui veut dire que le marché est  oligopolistique et fragile étant donné  qu’une petite crise est susceptible  d’affecter sérieusement les médias  et que les petites et moyennes entreprises  ne pèsent pas encore beaucoup  dans ces investissements.

Quid de la presse écrite? En 2012,  sa part du gâteau était de 23%.  Aujourd’hui, à fin 2016, elle n’est  que de 14%. Le digital a eu certes un  impact négatif sur cette évolution,  mais pas seulement! Pour Aissam  Fathya, le mal est ailleurs: Il est lié à  la faiblesse chronique de lecture qui  caractérise la société marocaine.

Et ce n’est pas Asmae Ouazzani Hassani,  directrice générale de l’OJD  (Organisme de Justification de la Diffusion)  Maroc qui dira le contraire.  «Il est vrai que le Marocain ne lit pas  beaucoup. Depuis trois ans, la baisse  des ventes des journaux et magazines,  tous périodiques confondus, a été en  moyenne de 15 à 20%. Dans certains  cas, elle atteint plus de 35%. Certains  supports refusent le contrôle de l’OJD  Maroc de peur de dévoiler les chiffres  réels de leurs ventes en arguant que  cela ne sert à rien de dévoiler ces  chiffres et que les annonceurs ne leur  exigent pas des comptes OJD qui  demeurent incontournables pour le  traitement d’un dossier de subvention  du ministère de la Communication »,  conclut-elle sur un ton navré

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !