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Controverse en Belgique au sujet du parti Islam

Redouane Ahrouch et Lhoucine Aït Jeddig.

Le nom de la discorde

Le parti Islam, fondé par des Belgo-Marocains, veut conquérir les communes et les provinces belges, sans forcément faire que des heureux.

Dans son roman Soumission, l’écrivain français Michel Houellebecq raconte comment un parti politique musulman prend le pouvoir en France en 2022. Ce fantasme, que de nombreux mouvements d’extrême droite européens agitent pour avertir d’un hypothétique grand remplacement sur le Vieux Continent, trouve actuellement un certain écho en Belgique alors que s’annoncent le 14 octobre 2018 les élections communales et provinciales dans le pays.

Mais il faut dire aussi que les fondateurs du parti Islam n’ont pas fait dans la subtilité en choisissant leur appellation. «Nous sommes un parti politique belge, ouvert à tous les Belges. Nous n’avons absolument rien de religieux, » assure pourtant Talal Magri, vice-président et porte-parole d’Islam, qui rappelle que le nom est un acronyme qui renvoie aux valeurs d’Intégrité, de Solidarité, de Liberté, d’Authenticité et de Moralité dont se revendique le parti. Il ajoute qu’il s’agit là d’une façon de donner de la visibilité à une minorité qu’on chercherait à tout prix à étouffer.

Mais en Belgique, la polémique est lancée. Plusieurs femmes et hommes politiques ont exprimé leur rejet d’Islam et de l’idéologie qu’ils lui prêtent. Le secrétaire d’État chargé de la Simplification administrative, Theo Francken, considère son existence comme «cracher sur l’Europe». Des figures du centre et de la droite ont pour leur part demandé d’inscrire la laïcité dans la Constitution, afin de le faire implicitement interdire ainsi que tout potentiel émule.

Signe de son radicalisme
Islam existe pourtant depuis 2012: il avait été fondé dans la perspective des précédentes élections communales. Parmi ses initiateurs, de nombreux Belgo-Marocains de confession chiite. Le parti compte deux élus dans la capitale Bruxelles en les personnes de Redouane Ahrouch et Lhoucine Aït Jeddig. Le premier cité, président d’Islam, s’était déjà fait remarquer par des propos polémiques appelant à l’application de la charia en Belgique. La récente controverse semble faire suite à l’ambition d’Islam de se présenter dans six villes, à savoir Liège, Verviers, Herstal, Ans, Saint-Nicholas et Dison, comme M. Magri l’avait révélé à l’agence de presse Belga le 4 avril 2018. Les tenants de la théorie du complot musulman y voient la réalisation de leurs craintes.

Pour ne rien arranger, M. Ahrouch s’illustrera doublement: en refusant sur le plateau de RTL Info, le 23 avril 2018, de regarder l’animatrice d’une émission à laquelle il participait, ce qui a été considéré comme un signe de son radicalisme; puis en tenant des propos favorables à la séparation des femmes et des hommes dans les transports publics. Cette dernière proposition lui a valu, depuis, un licenciement de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB), pour laquelle il travaillait en tant que conducteur de bus depuis vingtcinq ans. «C’est scandaleux», s’insurge M. Magri. M. Ahrouch a promis d’aller jusqu’au bout en justice. En fera-t-il autant également aux élections?

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