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Le conseil économique et social sanctionne l’année économique 2016

Nizar Baraka

Un diagnostic tardif

Arrivé au dixième mois de 2017, à quoi peut bien servir ce rapport d’évaluation des effets et des causes d’une année révolue?

Le Conseil économique, social et environnemental existe. Il vient de boucler son carnet annuel 2016, à titre d’évaluation du fonctionnement et du rendement de l’appareil économique national, avec ses faiblesses et ses points d’appui.

Il y est dit que le PIB a connu un recul pour se situer à 1,2%, loin derrière les 5,4% de 2015. Les deux choses étant effectivement liées, les contingents de chômeurs, déjà en situation endurcie, doivent faire de la place à 37 mille arrivants qui ont perdu leur emploi au cours de l’année 2016, au point d’absorber les 33 mille embauches créées en 2015. Le même rapport nous dit que ce sont en fait 120 mille postes de travail qui ont été supprimés entre 2015 et 2016. Mais que l’année 2016, chargée de tous les maux infligés par la nature, la mondialisation et la main gestionnaire de l’homme, ont tout de même permis la création de 20 mille emplois rémunérés et 100 mille auto-emplois. À ce stade, il faut bien avouer que les données du problème du chômage, difficiles à évacuer par des jeux de statistique et des éléments de langage, deviennent moins claires.

En fait, ce genre de documents parfaitement institutionnalisés appelle quelques interrogations. D’abord le timing. Ces précieux parchemins chiffrés arrivent 8 à 9 moins après l’extinction de l’année concernée.

Autrement dit, un peu tard pour servir comme référence pour l’année d’après. Ce qui grève leur utilité pratique, alors que leurs déductions et leurs propositions peuvent être d’un grand apport, y compris pour un débat public. Il reste à poser la grande question inévitable: Qu’est-ce qu’on fait de ces documents qui ont certainement un coût pour le budget du conseil? Si ce n’est qu’un argument de présence, ce serait en décalage total par rapport à l’objectif recherché. Car même a posteriori, il s’agit bien d’une auscultation de la santé économique et sociale du pays.

Pour être complet, il faut dire que le président de ce Conseil, Nizar Baraka, n’est pas venu les mains vides. Il propose la création de nouveaux espaces d’activités et de productions à caractère urbain et manufacturier, en milieu rural, permettant aux populations locales de varier leurs revenus, par rapport aux variations climatiques propres aux latitudes méditerranéennes.

Un nœud gordien
Une déclaration d’intention ou une possibilité réalisable? Voire. Les auteurs du rapport font endosser aux aléas climatiques et à leur effet sur l’agriculture la responsabilité, aussi bien des retards que des avancées de l’économie nationale et du fameux PIB.

Le fait est que le conseil souffre d’un handicap congénital. Il pêche par excès de discrétion. Il avait grandement besoin de faire parler de lui, même si ce n’est que par luimême. Peu importe. Depuis son installation formelle, on l’a carrément perdu de vue, au point de douter de son existence. D’autant plus qu’il n’a longtemps existé que dans les textes constitutionnels, avant de lui trouver une existence matérielle. M. El Baraka tente de lui insuffler un semblant de vie interne suffisamment autonome pour être crédible, sans autre perfusion mijotée en externe. Pourquoi pas. Le nœud gordien de la conjoncture actuelle sous toutes ses formes.

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