groupe crédit agricole du maroc
Dépêche
groupe crédit agricole du maroc
Accueil » Politique » Le conflit palestino-israélien pas près de se régler

Le conflit palestino-israélien pas près de se régler

Et si la solution venait du Maroc?

Pouvant se prévaloir de la présidence du Comité Al-Qods, le Royaume pourrait jouer un rôle de premier plan au Proche-Orient.

La décision des Etats-Unis de reconnaître Al-Qods Acharif comme capitale d’Israël a, comme on pouvait s’y attendre, suscité un maelstrom monstre dans le monde musulman.
En effet, de l’océan au Golfe, pour reprendre une expression consacrée, et même plus loin jusqu’en Indonésie, des milliers de musulmans ont défilé dans la rue pour s’y opposer. Au Maroc, la capitale a vu l’organisation d’une marche nationale, qui est sans doute la première depuis belle lurette de cette envergure ayant trait au conflit palestino-israélien. Pour bien se rendre compte à quel point la question tient aux Marocains, le parlement a même organisé une session extraordinaire pour apporter la réponse qu’il se doit à la décision américaine. La Palestine est, à l’évidence, la seule cause à mettre d’accord aussi bien l’Etat que ses opposants, si l’on excepte bien sûr celle du Sahara marocain.

Une cause prioritaire
Elle est même très officiellement équivalente à cette dernière, et c’est le chef d’État lui-même qui le dit. «Nous avons érigé la question palestinienne en cause prioritaire, au même titre que notre première cause nationale,» réaffirmait-il en janvier 2014 à Marrakech lors d’une réunion du Comité Al-Qods. Ce dernier, justement, joue depuis l’officialisation de la décision américaine un rôle de premier plan dans la contre-offensive musulmane. Ainsi, se prévalant de son statut de président de ce comité, le roi Mohammed VI a adressé des messages au président américain Donald Trump et au secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, pour faire part de sa profonde préoccupation ainsi que de la grande inquiétude ressentie par les Etats et les peuples arabes et musulmans. «Vous n’êtes pas sans savoir, Excellence, l’extrême importance que revêt la ville d’Al-Qods non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les fidèles des trois religions célestes,» dit notamment le message à M. Trump. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a convoqué la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, Stephanie Miley, et les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, en présence de l’ambassadeur palestinien, Jamal Choubki. Ce dernier, dans une déclaration à l’agence de presse nationale, la Maghreb arabe presse (MAP), a salué la position de Mohammed VI, et a déclaré combien celle-ci montrait que le Roi était profondément préoccupé par les répercussions de cette décision et son engagement sincère en faveur de la question palestinienne.

Une grande crédibilité
«Le Maroc a été le premier à exprimer les positions qui s’imposent au moment opportun vis-à-vis des derniers développements de la question palestinienne,» a, pour sa part, relevé le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Dans la région, beaucoup voient cependant le Maroc jouer un rôle beaucoup plus important. Car en plus de jouir donc d’une grande crédibilité auprès de l’autorité palestinienne, il est également respecté par la partie israélienne. Certes, il n’est jamais allé, à l’instar de l’Egypte ou de la Jordanie, jusqu’à officiellement reconnaître l’Etat hébreu. Le fait que Mohammed VI ait préféré ne pas se rendre à Monrovia en juin dernier pour un sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) parce que le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, allait y être aussi est significatif du fait que le Maroc n’acceptera l’établissement d’aucune relation tant que le peuple palestinien continue d’être violé dans ses droits historiques sur ses terres. Mais en même temps, le Royaume est un des rares pays musulmans où des responsables israéliens peuvent aller et venir, et même être reçus en audience royale, comme ce fut le cas en son temps du Premier ministre israélien Shimon Peres (en juillet 1986).

En septembre 1994, Rabat et Tel-Aviv procédèrent même à l’établissement de part et d’autre de «bureaux de liaison», sorte d’ambassades qui ne disaient pas leur nom, qui furent cependant unilatéralement fermés par le Maroc six ans plus tard, après le début de la deuxième intifada. «Maintenant que l’administration américaine a perdu de sa crédibilité en prenant de façon aussi flagrante partie pour les autorités israéliennes, je ne vois personne d’autre que le Maroc pour que les différentes parties renouent,» explique un diplomate arabe. D’ailleurs, les États-Unis eux-mêmes avaient reconnu en novembre 2013 lors de la rencontre au sommet entre Mohammed VI et le président Barack Obama, la contribution du Roi aux efforts visant la solution à deux États.
Le Maroc peut s’enorgueillir à cet égard de son expérience de médiation acquise au cours des dernières années, que ce soit en Libye, où les belligérants étaient tombés d’accord en décembre 2015 sur un accord politique à Skhirat; au Nord Mali, dont l’actuelle paix est due aux efforts menés en amont par le Royaume (à l’instar de la réception en janvier 2014 à Marrakech du secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Bilal Ag Chérif); et en Palestine même, puisque les différentes factions de la résistance palestinienne avaient repris langue grâce à l’entregent des autorités marocaines (en janvier 2013), après des années de brouille.

Expérience de médiation
Après Madrid en octobre et novembre 1991 et Oslo en août 1993, peut-on donc imaginer Rabat être à l’avenir le troisième maillon de la résolution du si long conflit palestino-israélien? Si, de toute façon, l’optimisme ne semble plus être de mise désormais dès qu’il est question du Proche-Orient et que la volte-face de Washington n’est sans doute pas pour arranger les choses, oser croire que la solution viendrait du Maroc pourraient bien être, contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, bien plus qu’une chimère….

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !