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Condamnation d’Elmortada Iamrachen, activiste du Hirak du Rif

Elmortada Iamrachen – ©ph:DR

Une lourde peine

La condamnation à cinq ans de prison d’Elmortada Iamrachen pour des faits de terrorisme pose plusieurs questions sur le déroulement des procès des activistes du Hirak du Rif.

Les activistes présents comme passés du Hirak du Rif semblent désormais abonnés à la case prison. Elmortada Iamrachen, un des plus emblématiques d’entre eux, vient d’être condamné à cinq ans de prison par la justice. Officiellement, ce n’est cependant pas en raison de son activisme, mais plutôt pour des faits de terrorisme.

En effet, il s’est retrouvé empêtré dans une affaire de tentative de faire entrer des armes au Maroc pour y commettre des attaques. M. Iamrachen, qui est certes un salafiste revendiqué, est pourtant loin de prêcher un islam rigoriste. Au contraire, ses opinions, proches des laïcs -il se positionne clairement en faveur de la séparation de la religion et de l’État-, lui valent même les inimitiés de ses camarades de rang, qui ne manquent pas à l’occasion de le «takfiriser».

Des faits reconnus
Notre confrère Mohammed Ahaddad, journaliste au quotidien Al-Massae et surtout ami d’enfance de l’intéressé, y voit clairement une cabale. «Elmortada n’est pas un terroriste,» clame-t-il, lui qui a accompagné «Elmortada-ino» (mon Elmortada, en dialecte berbère rifain), comme il l’appelle, à son jugement au tribunal antiterroriste de Salé. Les faits remonteraient à début juin. M. Elmortada reçoit un appel d’un journaliste électronique de la place, comme il le racontera plus tard sur Facebook -il s’agit vraisemblablement de barlamane. com, d’après les recoupements que nous avons effectués-, pour lui poser des questions sur son présumé passé jihadiste. Ironique, l’activiste rifain reconnaît les faits, et explique à son interlocuteur qu’il avait effectivement été en 2011 en contact avec les révolutionnaires libyens anti-Kadhafi pour faire entrer des armes au Rif, et que c’est Aymane Al-Dhawahiri lui-même, le patron d’Al-Qaïda, qui lui en aurait intimé l’ordre, après qu’il l’ait rencontré à Tora Bora.

Son interlocuteur le prend cela dit au mot et fait publier un article l’incriminant. Le 10 juin exactement, M. Iamrachen est appréhendé à son domicile à Al-Hoceïma. Il ne devra sa libération, quelque deux semaines plus tard, qu’à l’intervention expresse du ministre de la Justice et des Libertés, Mohamed Aujjar, qui lui accorde de quitter le 22 juin de la prison Zaki de Salé, où il avait été incarcéré, pour pouvoir assister à l’enterrement de son père. Elmortada devra donc reprendre le chemin de Zaki. Il laisse surtout derrière lui sa petite fille, Amal, âgée de quatre mois seulement (elle est née le 21 juillet 2017) et qu’il avait baptisée en référence à l’espoir (“amal”) qu’il porte de voir les événements du Rif se dénouer heureusement. Mais pour l’instant, c’est le désespoir qui semble l’emporter dans la région. Des dizaines d’autres activistes rifains, dont leur leader Nasser Zafzafi, doivent encore être jugés. Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, à l’instar d’Amnesty et de Human Rights Watch, ont demandé leur libération.

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