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Combat de coqs pour un pouvoir qui n’en est pas un

Driss Fahli

Driss Fahli

Plus le temps passe, plus  le quotidien débarque à  chaque aube avec une série  de nouvelles contraintes,  de règles abracadabrantes issues de  cerveaux atrophiés et de saturation  de confabulations fabriquées pour  le consentement du citoyen lambda  mené par le bout du nez sous l’empire  de la peur des hommes et celle  pré-formatée de l’Enfer de Dieu. Au  bout du compte, au lieu d’inciter normalement  à la cohésion et à l’unité, la  société finit par inspirer la défiance à  ses citoyens.

Les gens n’ont plus confiance dans  leurs dirigeants. Ils ont voté pour des  partis, qui ont mis en liste des baladins  vendus à leurs causes dont on  ne connaît ni les tenants ni les aboutissants.  D’ailleurs, «tenir et aboutir»  ne sont pas les devises de base des  chefs de nos partis qui préfèrent la  générosité des nantis, la fidélité et  l’obédience des profils en lice.

Les systèmes électoraux choisis  finissent toujours en tiraillement  entre deux partis dominants mais pas  vraiment représentatifs et conduisent  à une impasse institutionnelle dans  laquelle les ambitions personnelles  prennent le dessus sur l’intérêt du  citoyen.

Cette ribambelle d’arrivistes politiciens  n’a qu’un seul désir, être  ministre à l’initiative annihilée, haut  fonctionnaire de parade ou président  marionnette d’un organisme  étatique quitte à laisser tomber ses  principes déontologiques et ses  complexes idéologiques pour lécher les babouches plates du bédouin  gagnant du jour. Drôles de démocraties  où se trouve le monde d’aujourd’hui.  La démocratie fut pour  un temps, le choix de porter au  plus haut point le civisme, l’initiative  de la société, la responsabilité,  la conscience et l’implication du  citoyen.

La voir aujourd’hui réduite à un combat  de coqs pour une parcelle de  pouvoir qui n’en est pas un, donne  envie de vomir la politique et les  politicards et d’aller dans les sens  contraire des orientations préfabriquées  médiatiques appuyées par les  sondages bidonnés au goût du jour.  C’est ce rejet de l’institutionnel qui  a porté Trump au pouvoir aux USA,  viré Cameron en Angleterre, failli  porter l’extrême droite en Autriche,  démissionner Matteo Renzi en Italie,  et pousser l’extrémisme de droite à  son plus haut niveau en Belgique,  en France, en Suisse, en Pologne,  en Norvège, en Lettonie et au Danemark.

C’est ce même vomissement aussi  qui a permis au populisme de gagner  ses galons sur le lit de la déresponsabilisation  d’une société qui vote  dans le sens contraire des aiguilles  de la montre.

Pour gagner une élection aujourd’hui,  racontez n’importe quels bobards  d’espoir à une population sevrée de  justice, appauvrie par une globalisation  sauvage et écrasée par un  capitalisme financier où l’homme est  réduit à un paramètre iota d’algorithme  mathématique d’une farouche  spéculation. Non seulement elle vous  croira, mais soyez certain qu’elle  vous réélira sur la base des mêmes  bobards. La populace désespérée  n’a pas de mémoire, elle n’a que des  pulsions de l’instant et croit au Père  Noël.

Pour revenir à nos nouvelles quotidiennes  intrigantes, pendant qu’on  peine à trouver un gouvernement,  le Conseil Supérieur de l’Éducation  ouvre une brèche pour le futur dans  la gratuité de l’éducation, les parents  participeront par une obole d’inscription  au financement d’un système  éducatif défaillant. Les pauvres  seront épargnés et continueront à  former leurs enfants gratuitement  pour le chômage et le radicalisme. Les riches s’en foutent éperdument  de l’enseignement public, ils forment  leurs enfants dans le privé d’ici et  plus tard à Harvard, Princeton ou  Oxford

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