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Les choix payants de Aziz Akhannouch

Le Rassemblement national des indépendants gagne du terrain

Le RNI a le vent en poupe. Aziz Akhannouch s’investit totalement pour un nouveau RNI en chantier. Dès à présent, des cadres du parti appellent au “moment RNI”, pour conduire le gouvernement.

Il parcourt le pays en long et en large avec une fréquence et un kilométrage au compteur rarement égalés. Il le fait en tant que président du RNI. Les résultats ne se sont pas fait attendre: deux nouveaux sièges récoltés par le parti au titre d’élections législatives partielles, tenues le 21 décembre 2017. Le première, à Sidi Ifni, où le candidat RNI, Mustapha Moucharik a damé le pion à l’uspéiste Mohamed Belfkih. Du coup, l’USFP n’a plus de groupe parlementaire à la première chambre, ne totalisant que dix-neuf députés alors qu’il lui en faut 20. Le deuxième siège, le RNI l’a eu à Fnidek, en la personne de Ahmed El Mrabet Soussi.

Auparavant, M. Akhannouch était à Marrakech et Safi le samedi 16 décembre 2017; puis à Dakhla le lendemain 17 décembre. Avant ce périple dans le grand sud, M. Akhannouch n’a jamais perdu le nord. Il y a fait des séjours de travail aussi rapides que productifs au plan organisationnel.

En le voyant ainsi se déplacer avec frénésie, on est en droit de se demander ce qui fait tant courir M. Akhannouch. Une interrogation légitime, tellement l’activisme du patron du RNI contraste singulièrement avec ce qui reste du gouvernement de Saâd Eddine El Othmani, avec ses conseils tristounets et ses ministres épargnés qui font grise mine. Les interprétations vont bon train. Une chose est sûre, M. Akhanouch est une étoile montante. Il a insufflé une nouvelle énergie à son parti. Ce n’était pas facile, car il fallait d’abord effacer l’image de «parti de l’administration». M. Akhannouch y a beaucoup contribué.

En fait, le lien ombilical avec l’appareil administratif, le RNI ne l’a pas volé. Il est l’un des rares partis politiques dont la fondation ne s’est faite qu’après un scrutin électoral. Au départ, il était juste question de concocter un groupe parlementaire suite aux législatives de 1977. Il n’en fallait pas plus pour que le groupe en question devienne un parti en bonne et due forme. Le fait qu’il soit présidé par Ahmed Osman, beau frère du roi Hassan II, n’était pas de nature à le faire exister par lui-même et non par une bénédiction agissante d’une administration qui produit la carte politique du pays en lieu et place des urnes.

Activisme du patron
Dès sa création en 1978, le RNI s’est présenté comme un parti de technocrates en quête d’étiquette politique. Il en fait des techno-politiques promis à des responsabilités nationales où le politique le dispute à la technocratie. Le RNI, un centre-droit, selon la graduation européenne, devait également servir de réplique à l’adresse des partis historiques issus du Mouvement national.

Fort de ses 52 sièges à la Chambre des représentants, aux législatives de 2011, le RNI revendique une meilleure posture gouvernementale. Ses apparatchiks aguerris estiment que sa part de pouvoir exécutif actuel ne reflète pas sa vraie représentativité. En point de mire, la chefferie du gouvernement. Contrairement aux autres partis, qui ne se sont pas encore remis de leurs querelles internes, le RNI vit une accalmie, depuis l’arrivée de Abdelaziz Akhannouch. C’est ce que ses cadres appellent «le moment RNI». M. Akhannouch, avec sa bougeotte à tout crin, s’y prend dès maintenant. Ses derniers congrès régionaux à Marrakech puis à Dakhla participent de ces préparatifs précoces.

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