Dépêche
Accueil » Société » Cheikh Hassan Kettani: « Mme lamrabet est en porte-à-faux par rapport à notre vision de l’islam »

Cheikh Hassan Kettani: « Mme lamrabet est en porte-à-faux par rapport à notre vision de l’islam »

Hassan El kettani ©ph:DR

Cheikh Hassan Kettani, une voix qui porte dans les milieux salafistes, a été l’un des plus âpres critiques à l’égard de Asma Lamrabet. Il considère qu’elle n’a pas sa place au sein de la Rabita Mohammedia des oulémas.

Vous avez été virulent contre les idées de Asma Lamrabet, membre démissionnaire de la Rabita Mohammadia des oulémas. Que lui reprochez-vous?
Le principal reproche que je lui ai toujours fait est de principe. Car voilà une médecin biologiste travaillant au CHU Avicennes de Rabat qui se trouve propulsée membre d’une instance censée être la référence en matière d’explication de l’islam et à émettre les fetwas lorsqu’un sujet posé par l’évolution de la société l’impose. Madame Lamrabet n’est, à mon sens, pas habilitée à émettre des avis religieux comme elle l’a fait depuis qu’elle est membre de la Rabita.

Elle a tout de même fait des études et des recherches en chariâa…
Il se peut qu’elle ait fait des études ou des recherches sur tel ou tel sujet lié à la législation islamique. Cela ne fait pas d’elle une spécialiste en la matière. A-t-elle obtenu un doctorat dans ce domaine? A notre connaissance, le seul diplôme de valeur qu’elle a est celui de biologiste qui lui a donné le droit d’être médecin. Un savoir-faire qu’elle a et que je ne discute pas. Mais je ne peux que m’élever contre ses idées relatives au fikh.

Précisément, qu’est-ce qui vous gêne chez elle?
Elle ne me gêne pas personnellement. Ce que je dis et répète, c’est qu’elle n’a pas à s’immiscer dans les questions de la législation musulmane. Laquelle est régie par des textes sacrés. Quand elle a parlé de l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes, tout en étant membre de la Rabita des oulémas, une institution officielle, tout le monde s’est posé la question s’il s’agit d’une position individuelle ou non. Heureusement, la Rabita vient de tirer cette affaire au clair en publiant un ouvrage sur l’héritage où il n’y a pas de place pour les idées de Mme Lambrabet.

C’est ce qui l’a poussée à démissionner?
Peut-être qu’elle a compris que sa qualité de membre de la Rabita lui impose certaines règles. Peut-être aussi que ses sorties médiatiques n’ont pas été acceptées par les membres de la Rabita. Il se peut même qu’elle ait été poussée à la démission.
Je dirais, pour ma part, que la Rabita aurait dû il y a des mois déjà démettre Mme Lamrabet de ses fonctions. D’ailleurs, Hassan Abbadi, secrétaire général de la Rabita, a déclaré que les déclarations et les avis de Mme Lamrabet sont contradictoires avec la vision et le mode d’action de l’institution.

A part l’héritage, qu’a-t-elle dit de plus pour mériter une telle volée de bois vert de la part des oulémas?
Il est difficile de répertorier ses sorties médiatiques et ses prises de position qui sont en porte-à-faux par rapport à l’Islam tel que nous l’avons toujours connu. Un Islam ouvert sur l’exégèse mais qui ne touche pas aux fondamentaux. Quand Mme Lamrabet parle de Lalla Aïcha, femme du Prophète Sidna Mohammed, en des termes peu respectueux, la qualifiant de «femme qui a créé des problèmes au Prophète et aux Khalifas», cela ne peut être accepté par aucun musulman.

Quand elle avance que les mariages du Prophète sont d’abord de nature politique, cela aussi dépasse l’entendement. Cela crée l’amalgame quant à la position de la Rabita des oulémas… Maintenant qu’elle a quitté l’institution, elle peut dire ce qu’elle veut et chacun lui répondra comme il l’entend.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !