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CHAOS 2017

Driss Fahli

L’IMPERIUM AMÉRICAIN A POLLUÉ NOS ESPACES DE VIE PAR SON APPROCHE APOCALYPTIQUE.

À la fin de chaque année, on se pose la question sur l’état du monde. Quels étaient les changements opérés? Quels seraient leurs impacts sur le quotidien? Les faux experts et les chamans de la boule de cristal s’en donnent à coeur joie pour ensemencer les idées de leurs lobbies, rassurer le chaland et apeurer l’hétérodoxe. Toute l’année passée, et probablement pour les six prochaines, l’imperium américain a pollué nos espaces de vie par son approche apocalyptique de la géopolitique. La vision de Trump pour rendre à son Amérique sa grandeur d’antan en est la cause principale. Cette vision ne date pas d’aujourd’hui. Reagan en avait fait son slogan lors de l’élection présidentielle de 1980 en basant le discours politique de sa campagne sur la restauration de l’espoir à ceux qui l’avaient perdu en raison de la détérioration de l’économie américaine.

Bill Clinton a réutilisé le même slogan en 1992 en appelant les électeurs à rendre sa grandeur à l’Amérique. Trump se l’est approprié en 2016 pour en faire une marque déposée. Le slogan dérivera au hasard des situations vers une Amérique plus fière, puis plus puissante et, en fin de compte, génératrice et régulatrice du chaos à travers le monde. «Keep America Great!» (Garder la grandeur de l’Amérique) est la sauce 2020 à laquelle le monde sera gouverné. On n’a pas fini avec «l’Amérique Psycho again». La politique machiavélique mondiale du chaos a déjà détruit l’Irak, la Syrie, la Libye, la Somalie, le Soudan, l’Afghanistan, le Yémen et est en train de grignoter l’Iran et le Liban. La régulation de ce chaos est conduite par les USA. Elle est parrainée par d’autres pays, soutenue par l’OTAN et même avalisée et activée par les pays arabes sous influence US. Il n’est pas nécessaire de sortir de Harvard pour savoir que le chaos régulé est un puissant moteur économique et un facteur de développement de ses régulateurs. Le chaos génère l’instabilité et la guerre. La guerre a besoin d’armes, d’équipements et de conseillers en tout genre pour détruire les infrastructures et plus tard les reconstruire. Ça fait travailler les entreprises dans un cycle machiavélique porté au rang de modèle économique de développement.

Pour ce faire, rien de plus qu’un sordide mensonge sur le pays que l’on veut attaquer pour apaiser la conscience de l’Américain moyen et que l’on soumet à validation aux fabricants de consentement. Cette politique de déstabilisation massive affaiblit également l’Europe. La pression migratoire, le Brexit, la suspension des accords de Schengen, la montée en puissance des franges extrémistes et racistes, la multiplication des actes terroristes, n’en sont qu’une partie des situations résultantes.

Il ne reste plus qu’à mettre un pouvoir fanatique en Syrie et déclencher la rumba vengeresse de la mort entre chrétiens, musulmans, druzes et alaouites pour boucler la boucle et fournir à Israël le bouquet final de la déstabilisation durable de ses voisins. De ce fait, l’année 2017 n’a pas été des plus heureuses, elle n’a pas apporté la paix tant attendue. N’ayant pas de pétrole, notre Maroc n’a pas eu à vivre de plein fouet les affres de ces conséquences chaotiques. Notre chaos 2017 a été en partie calmé par la mise à l’écart par le Makhzen de ministres et de fonctionnaires incompétents mais surtout par la mise à la porte du plus grand hâbleur populiste qu’a connu le Maroc politique

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