"Changer", une communauté d'acteurs nationaux pour un avenir meilleur


Le changement, c'est maintenant


À ce qu’on sache, Anouar Zyne  n’a jamais eu pour idole Karl  Marx. Bien au contraire, lui est  un “capitaliste” déclaré -on l’a  d’ailleurs connu plus d’une décennie durant  au parti politique de l’Union constitutionnelle  (UC), dont les inclinations  économiques libérales sont de notoriété  publique. Mais M. Zyne reprendrait sans  doute bien à son compte le mot d’ordre  du prophète du communisme: transformer  le monde au lieu de se contenter de  l’interpréter. “L’action a toujours été pour  moi un crédo, nous déclare-t-il. Sans l’action,  l’humanité en serait encore à un état  archaïque. Je crois surtout en la capacité  des individus à changer leur environnement.  Il faut agir et ne pas céder le pas au  fatalisme. Changer est un impératif.”

“Changer”, c’est justement le nom du  mouvement qu’il vient de lancer. Une  appellation qui suffit à annoncer la couleur de l’initiative, la première du genre  au Maroc. Son ambition, nous explique  M. Zyne, est de fédérer en communauté  les acteurs du changement dans le pays.  Plus concrètement, il s’agit de mettre  en place une plateforme d’action, qui ne  s’embarasse pas des “conditions de possibilité”,  pour reprendre un vieux slogan  du philosophe Emmanuel Kant. “Quand  on veut, on peut”, appuie-t-il, laconiquement.

La première rencontre de “Changer”,  une conférence-débat, s’est déroulée le  11 janvier 2017 à l’Ecole supérieure internationale  de gestion (ESIG) de la ville  de Casablanca. Quelque cent vingt-cinq  personnes, nous renseigne M. Zyne, ont  fait acte de présence.

Potentiel marocain
Parmi elles, de nombreuses célébrités.  On peut notamment faire mention du  rappeur Don Bigg et des humoristes Miz  Tahri et Talis. Mais il y avait surtout des  citoyens lambda. Beaucoup sont venus  de (très) loin. Ils ont saisi l’occasion pour  partager leurs expériences personnelles  avec les autres membres du mouvement.  “Franchement, la rencontre a dépassé de  loin mes attentes, témoigne M. Zyne, les  yeux emplis d’émotion. Je ne m’attendais  pas à un tel succès.” M. Zyne avoue avoir été “personnellement” touché par les interventions  à l’estrade des membres du  mouvement. “Vous ne pouvez que sortir  grandi de ces moments de partage”,  confie-t-il.

“Changer” ne compte toutefois pas en  rester là. Pour mettre en application son  programme, M. Zyne propose ce qu’il  appelle des “relais”. Il s’agit notamment  d’entrer directement en contact avec les  élus, aussi bien locaux que nationaux,  de faire des pétitions comme y ouvre la  voie l’actuelle Constitution ou encore  d’ester en justice quand il le faut. En clair,  rendre le pouvoir aux citoyens.D’aucuns  raillent un rêve fou. Mais M. Zyne y croit  dur comme fer. “Il est vrai que l’environnement  marocain puisse de prime abord  décourager, mais ce n’est à mon avis  qu’une conjecture, avance M. Zyne. Du  temps où j’officiais encore à l’UC j’ai eu  l’occasion de me rendre en mission dans  des pays comparables au nôtre, notamment  en Amérique latine, et d’y assister  à des expériences tout à fait exemplaires  en termes de pratique citoyenne. Croyezmoi,  le Maroc a largement le potentiel  pour être à l’avant-garde en la matière.”  Le changement, comme dirait le président  français François Hollande, c’est  maintenant

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