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Chabat revisite la thèse du « grand maroc »

Driss Fahli

Les mamelles de la nullité

L’incompétence, le populisme,  l’idéologie et  le carriérisme sont les  piliers de la nullité en  politique.  L’incompétence est un assemblage  de manque de savoir, d’absence  d’expérience et de savoir-faire et  d’incongruité des attitudes et du  savoir-être. Elle est aggravée par  l’impuissance face la complexité  croissante du monde et la mutation  exponentielle des sociétés.

Le populisme, voilement de l’incompétence,  est une déferlante de démagogies  qui a submergé les discours  de nos politiques et transformé ses  discoureurs en semeurs de gâchis,  incapables de répondre aux attentes  de la population. Chez nous, le populisme  est une anarchie constitutionnalisée  et régressive au service de la  religion et des intérêts personnels de  ses promoteurs.

L’idéologie comme base de nullité  n’est pas l’affrontement entre  deux modes de pensées en termes  socio-politiques, économiques ou  religieux. Ce n’est pas non plus les  concepts idéologiques à la Saint  Simon, à l’August Comte ou à la Allal  El Fassi. C’est devenu un substrat  soporifique utilisé pour l’endormissement  théologique, le prêt-à-penser  prohibant le questionnement et promouvant  les idées préconçues issues  d’un autre temps. Dans cette quintessence,  les discours religieux de  paix et d’amour ne sont là que dans  des optiques de propagande.

Le carriérisme politique est la maladie  qui a pourri nos partis et a retardé  l’avènement de notre nouveau  gouvernement. Le but de tous ces  politiciens carriéristes est le fauteuil  ministériel avec ce qui va avec  comme recettes pécuniaires et pouvoirs  administratifs. Cela est encore  plus prononcé quand «l’élu» provient  d’un terroir d’instits bornés, d’avocaillons  en mal d’affaires ou d’opportunistes  assoiffés.

Ainsi, les aléas électoraux nous ont  gratifiés d’un maximum de hâbleurs  professionnels pour diriger nos partis.  L’un des plus tonitruants est  l’impayable Hamid Chabat, actuel  Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal  et producteur d’impairs en série.  Cet exalté, incapable de se focaliser  sur les problèmes actuels du  pays, est allé fouiner dans la thèse  du Grand Maroc confectionnée pour  les besoins de la cause des années  50 par les irrédentistes Allal el Fassi  et Horma Ould Babana. En idéologue  aux aspirations expansionnistes de  l’époque, Allal el Fassi avait imaginé  l’idée d’un grand Maroc allant de  Tanger jusqu’au nord du Sénégal  en ingurgitant au passage le Sahara  algérien et le nord du Mali.

Une reprise de cette vision colonialiste  a été soutenue par Hamid  Chabat, notre deuxième hâbleur  national lors d’un meeting avec les  syndicalistes de l’UGTM. Les déclarations  de Chabat relatives à cette  vision lors de ce meeting ont mis le  feu aux poudres dans les relations  diplomatiques, déjà mal au point,  avec la Mauritanie. Une bourde de  plus dans l’histoire des casseroles de  ce Secrétaire Général. Qu’a-t-on fait  au bon Dieu pour qu’il nous octroie, à  la tête de nos partis, des profils aussi  nuls en diplomatie, en économie, en  sociologie politique, en droit, en relations  internationales et en affaires de  la cité?

Heureusement que le ministère des  Affaires étrangères à réagi rapidement  en dénigrant cette vision personnelle  et irresponsable de Chabat  et en rappelant les relations séculaires  avec une Mauritanie bien installée  dans ses frontières reconnues.  Comme à toute chose malheur est  bon, cette bévue va permettre à  Benkirane de jeter Chabat aux orties  et commencer enfin à travailler sur la  formation d’un gouvernement sans  fanfaronnades.  Après l’intervention royale, la jactance  n’est plus de mise.

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