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Catherine Graciet rêvait de vivre au Maroc

Catherine Graciet - © Photo : DR

Catherine Graciet – © Photo : DR

Ceux qui la connaissent –ou croient  plutôt la connaître– se disent surpris.  Stupéfaits. «Elle n’a pas le profil pour  ce type de délit», commente notamment le  journaliste Nicolas Beau.

M. Beau a coécrit avec Catherine Graciet ses  deux premiers ouvrages. Le premier, «Quand  le Maroc sera islamiste», publié en 2006, et le  deuxième, en 2009, «La Régente de Carthage»,  tous deux aux éditions La Découverte. Mme  Graciet a également publié, en 2013, «Sarkozy-  Kadhafi» (Seuil), un livre-enquête sur les  prétendus liens de l’ancien président français  (2007-2012) Nicolas Sarkozy avec le «guide»  libyen déchu Mouammar Kadhafi. Sans compter,  bien sûr, «Le Roi prédateur» (Seuil, 2012).  «Si les faits sont avérés, c’est très surprenant  de la part de Catherine», poursuit M. Beau.  Surprenant? Vraiment? C’est peut-être mal  connaître Mme Graciet. Car l’affaire l’impliquant  elle et son confrère Eric Laurent dans  la tentative de «racket» présumée n’en a sans  doute pas fini de livrer ses révélations.

Plusieurs éléments ont déjà commencé à circuler  à propos de Mme Graciet. D’après le  journal électronique tunisien «Lapressenews»,  elle aurait déjà touché «une grosse somme  d’argent (…) de la part d’un citoyen tunisien  résidant dans un pays du Golfe au nom de  Lotfi» pour écrire «La Régente de Carthage».  Ce livre, pour rappel, prétendait lever le voile  sur les travers du régime de l’ancien président  tunisien (1987-2011) Zine El Abidine Ben Ali  et surtout les nombreuses affaires politicofinancières  dans lesquelles aurait trempé  la femme de ce dernier, Leila Trabelsi. A  l’époque déjà, M. Ben Ali avait accusé Mme  Graciet de vouloir lui soutirer de l’argent.  Mais le degré de corruption que l’on prêtait  alors au régime tunisien avait discrédité ces  imputations. «C’est un élément peut-être à  garder en tête», d’après le journaliste Olivier  Ravanello, qui commentait l’affaire pour la  chaîne de télévision française «I-Télé».

A plus d’un titre, Mme Graciet fait figure  d’énigme. On ne connaît pratiquement rien de  son parcours, si ce n’est qu’elle s’est toujours  intéressée aux affaires du Maghreb. Passée,  notamment, entre 2004 et 2007, par le défunt  «Journal hebdomadaire», elle aurait depuis  son jeune âge un tropisme pour le Maroc.  C’est dans le royaume d’ailleurs qu’elle aurait  projeté de s’installer une fois sa part des deux  millions d’euros empochés. D’après les informations  révélées par le Journal du dimanche,  dimanche 30 août 2015, la journaliste se voyait  déjà se dédier à sa «passion», l’équitation, en  même temps «qu’elle écrira une biographie  historique». Les policiers de l’hôtel Raphaël,  à la sortie duquel elle et M. Laurent ont été  arrêtés, le 27 août 2015, ont cependant brisé  son «rêve marocain».

Se livrant, lundi 31 août 2015, au quotidien  français «Le Parisien», Mme Graciet a invoqué  «un accès de faiblesse». «C’est humain, non?»,  aurait-elle déclaré, «en larmes», à son interlocuteur.  Une faiblesse qui, finalement, n’est  peut-être que le signe d’un amour déçu; celui  du Maroc, qu’elle a tant aimé, au point d’avoir  voulu y faire carrière, mais dont elle ne se sent  pas aimée en retour. Au fil des brûlots, l’amour  s’est même transformé en haine viscérale,  susceptible cependant d’être réparée au prix  de la déontologie et de la morale. «On ne m’a  pas laissé la chance (…) de voir ce que j’allais  faire après», regrettait-elle dans les colonnes  du «Parisien».

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