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La caserne, un gage d’emploi

©Ph. MAP

Le service militaire obligatoire réinstallé

Désormais, la mobilisation des jeunes passe par la caserne. Une promesse d’insertion sociale par l’emploi. Est-ce la solution idoine pour une jeunesse en déshérence?

Le dernier discours royal du 20 août 2018 était quasi exclusivement dédié aux jeunes et au kaléidoscope des problèmes que connaît cette tranche d’âge. Au delà des diagnostics finement identifiés et des dépassements préconisés, il y a un point qui a particulièrement retenu l’attention du public. Il s’agit du rétablissement du service militaire obligatoire (SMO) pour les 19-25 ans. Le conseil des ministres de lundi 20 août 1018 a positivement statué sur la validation de ce nouveau texte de loi. Les réactions sont mitigées sur une échelle d’appréciation qui va de l’adhésion euphorique au refus catégorique.

Les deux positionnements ne pouvaient échapper aux aléas du contexte actuel, aux niveaux national et maghrébin et à ses effets éminemment sociaux parfois bruyamment, voire profondément dommageables. On est, à ce stade, au centre des préoccupations de la cellule familiale. La question qui habite tous les foyers concernés est d’une simplicité potentiellement gravissime. Elle se décline ainsi: le service militaire obligatoire est-il la réponse idoine au faisceau de défis que les jeunes sont appelés à relever? Du haut d’une situation complexe, cette armée de jeunes est la victime d’un processus politique désastreux qui court sur plus d’une génération. Et pourtant, il n’y a d’autres alternatives que cette interrogation qui en appelle une autre. Faut-il continuer à s’autoflageller en invoquant les défaillances d’un passé aux rebondissements dramatiques sur le présent? Dans ce registre de lamentations sans répit, arrive en tête l’inadéquation totale entre le système éducation- formation et la réalité du marché de l’emploi.

Formation professionnelle
Aujourd’hui, il faudra bien déployer des trésors de communication pédagogique de masse et de préparation mentale pour que cette nouvelle disposition n’apparaisse pas comme une double peine infligée à des jeunes déjà rejetés par le circuit scolaire. Ils sont un sur quatre, comme l’a spécifié S.M. Mohammed VI dans son discours, à représenter le profil ciblé par la nouvelle obligation à caractère militaire. Les 12 mois de service ne seront pas entièrement consacrés à l’apprentissage des manoeuvres militaires. Une partie seulement y sera consacrée. Le reste devrait servir à de la formation professionnelle. Approfondissement de connaissances et de gestes déjà acquis. Ou acquisition des données de base d’un nouveau métier. Dans un cas comme dans l’autre, ce service militaire réduit du tiers, sera un gage d’emploi salarié ou d’auto-emploi; avec une préférence officiellement appuyée pour la deuxième option.

Les ministres et autres techno-politiques, mobilisés pour la cause, n’hésitent pas à se répandre par trains entiers d’incitation des jeunes à créer leur propre entreprise. La promesse de l’aide de l’État est théoriquement assurée. Le service militaire obligatoire est appelé à y contribuer par la formation des appelés militairement formatés pour voler de leurs propres ailes dans la vie civile. Un pari fabuleux où le service militaire se retrouve à l’épicentre d’une thématique sociale en éruption momentanée, foncièrement explosive.

L’institution militaire ainsi impliquée n’a pas droit à l’erreur. Elle sera franchement épaulée par le rythme et le mode de vie militaire où la journée commence à 4h30 du matin (“bonheur trente” pour les initiés) par la levée du drapeau national. La Défense de l’intégrité territoriale est constamment au menu du jour. Une raison d’être de ce service pour la pérennité de la nation. À cette condition que toutes les couches sociales, du plus démuni au plus nanti, y soient représentés. Toute une rythmique quotidienne où la discipline prime avant toute autre mauvaise habitude d’une oisiveté mauvaise conseillère. Présentée sans trop de phraséologie officielle ou populiste, il n’y a pas de raison pour que l’opinion publique ne suive pas. Bien au contraire, elle est demandeuse de tout ce qui miroite une perspective d’emploi; une insertion sociale par le travail.

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