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Casablanca, un grand chantier à ciel ouvert

À quand la fin de l’anarchie ?

Les casablancais font face à une anarchie urbaine incroyable, aggravée par les nombreux chantiers lancés un peu partout dans la ville. Et le retard enregistré dans ces projets complique davantage la situation.

Casablanca est devenue, affreusement, invivable. À la circulation infernale qui y règne depuis longtemps déjà et les tristes paysages de saleté qui s’offrent aux Casablancais dans plusieurs quartiers s’ajoutent, désormais, les perturbations provoquées par les chantiers un peu partout dans la ville.

Non seulement, ces chantiers accusent un grand retard, mais aucune visibilité n’est encore clairement disponible quant à leur livraison. Notamment pour le projet du grand théâtre de Casablanca, dont les travaux ont été lancés, en octobre 2014 et dont l’ouverture officielle était prévue en septembre 2017. Trois ans plus tard, le projet n’est toujours pas encore livré. Selon Driss Moulay Rachid, directeur général de Casa Aménagement, la société en charge de réaliser les projets stratégiques de la métropole, «Il est vrai qu’il y a un retard au niveau de la réalisation du grand théâtre de Casablanca, mais c’est dû à la complexité du projet et sa dimension importante».

Premier théâtre en Afrique, en terme de superficie, le projet, situé en plein coeur du quartier historique de la métropole, se présente comme l’un des plus importants complexes culturels du continent et dans tout le monde arabe. Doté d’un budget de 1,4 milliard de dirhams, ce qui en fait l’un des plus gros chantiers, le grand théâtre de Casablanca est réalisé par des sociétés marocaines, dont plusieurs traitent ce genre de projet pour la première fois. Driss Moulay Rachid parle également de la difficulté à trouver une société indépendante à laquelle sera confiée la gestion du grand théâtre. En attendant, il avance le délai de mars 2018 pour son inauguration officielle.

Zones vertes et animalières
C’est la même date prévue pour l’inauguration du parc zoologique de Aïn Sebaâ, dont il était aussi prévu qu’il soit ouvert au public en septembre 2017. Mais la lente avancée des travaux a poussé au report du calendrier. Ce parc, qui a vécu des moments de dégradation prolongés à cause de l’abandon dont il a été victime durant plusieurs années, s’apprête à arborer de nouveaux décors pour un budget global de 250 millions de dirhams. Il viendra compléter, avec le parc de la Ligue arabe, l’offre des zones vertes et animalières conçues pour la métropole.

Une offre plutôt timide voire insatisfaisante quand on connaît la forte concentration industrielle et urbanistique de la ville. Comment se fait-il, en effet, qu’une grande agglomération comme Casablanca ne soit pas dotée de grands espaces verts? En proie à une spéculation immobilière effroyable, Casablanca est devenu, carrément, un dépotoir, aux aires pollués et aux paysages délabrés.

Mais les responsables de la ville espèrent que la prochaine ouverture du parc de la Ligue arabe redonne un nouveau souffle écologique à la ville. Prévu aussi en mars 2018, ce parc sera réalisé, selon le patron de Casa Aménagement, dans le respect des fondamentaux paysagers du début du siècle précédent, ainsi que des standards les plus contemporains en terme de protection de l’environnement, d’équipements et de loisirs.

Un seul blocage persiste, en revanche: le feu vert des autorités pour procéder au replacement des cafés et kiosques, installés historiquement autour du parc. «Il est prévu que ces cafés et kiosques soient replacés à différents endroits du parc de telle sorte à respecter une certaine homogénéité urbanistique des lieux», explique Driss Moulay Rachid. Le parc de la Ligue arabe, qui a nécessité une enveloppe de 100 millions de dirhams, est actuellement finalisé à hauteur de 90% des travaux.

Attractivité touristique
Seulement, ce parc ne sera pas l’unique poumon de respiration pour les casablancais. D’autres lieux sont prévus dans le plan de développement de la ville. Parmi eux, la réalisation d’une promenade maritime à proximité de la grande mosquée Hassan II. Réalisée sur une distance de 1,5 kilomètre, cette promenade au coût considérable de 200 millions de dirhams, est destinée à renforcer l’attractivité touristique de la métropole.

Non loin de là, la corniche de Casablanca s’apprête également à subir une grande rénovation. La partie de la corniche qui sépare l’hôtel Suisse du Morocco Mall connaitra début novembre prochain les travaux pour une grande transformation urbanistique. Quant à la partie qui sépare l’hôtel Suisse du complexe Paradise, elle a déjà subi une rénovation en 2008.

Mais la dégradation avancée du mobilier urbain et du marbre au sol incitent les responsables de Casa Aménagement à améliorer cette partie d’ici l’année prochaine. C’est dire que tout Casablanca est en chantiers. Pourvu que les travaux avancent rapidement pour éviter aux Casablancais le calvaire monstrueux qu’ils vivent tous les jours.

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