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Casablanca future cité intelligente ?

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

S’appuyer sur les  technologies de  l’information et de la  communication (TIC)  pour gérer la ville de  Casablanca et ainsi améliorer la qualité  de vie des Casablancais tels sont les  moyens d’intervention du projet appelé  e-Madina, ou Casablanca Smart City,  lancé à l’initiative de la Fédération  marocaine des technologies de  l’information, des télécommunications  et de l’Offshoring (APEBI), de Green  TIC, avec le soutien de la Wilaya, de  la Région et du Conseil de la ville de  Casablanca. Selon les intervenants, ce  projet permettra à la ville de Casablanca  de communiquer efficacement avec ses  usagers afin de dispenser un service  public de manière optimale. Laquelle  communication est basée sur les sites  web, les applications mobiles et les  plateformes de communication digitale  en tout genre. Le but n’est autre que  de rapprocher l’Administration de  l’usager, de fluidifier les échanges,  de raccourcir les temps d’attente et  d’améliorer l’environnement de  l’entrepreneuriat, de la recherche et  de l’investissement. Vaste chantier  pour une mégapole qui ne parvient pas  encore à créer les synergies nécessaires  entre l’aménagement urbain, la mobilité  urbaine et l’efficacité énergétique.
Cette ville portuaire, dotée d’un  aéroport moderne, cette cité au  carrefour de toutes les migrations  internes, qui a connu un formidable  essor économique et démographique, se positionne comme candidate pour  abriter une future place financière à  l’échelle du continent africain. Il n’en  reste pas moins qu’elle se présente  aussi comme une métropole de tous  les antipodes, de tous les contrastes.  Où pas loin des buildings futuristes du  centre d’affaires, les embouteillages sont  des plus inextricables et la mobilité des  plus difficiles.
En faire une ville intelligente et durable  suppose que les usagers des transports  publics soient convenablement  transportés et surtout soient avertis en  temps réel de l’état du trafic. Ce qui est  loin d’être le cas.
En faire une ville intelligente suppose  des services d’entretien de la voie  publique de qualité. Mais aussi des  services de ramassage des ordures  plus réguliers et à des moments où les  habitants de la ville ne sont pas encore  sortis de chez eux pour aller au travail ou  pour conduire leurs enfants à l’école. Ce  qui est loin d’être le cas.
En faire une ville intelligente  suppose l’implication des citoyens  dans le développement de leur ville.  Des citoyens qui débattront des  dysfonctionnements, des besoins,  des projets de leur cité sur les réseaux  sociaux au jour le jour. Des citoyens  qui disposent des centres d’écoute  urbains pour recueillir leurs doléances  concernant tel ou tel chantier urbain qui  ne respecte pas les normes minimales  de sécurité, d’isolation acoustique ou  de protection de l’environnement. Ce  qui est loin d’être le cas.
La mise en application de ce concept  de “smart city”, très en vogue dans  les grandes métropoles mondiales,  restera un vœu pieux chez nous, tant  que nos élus et responsables publics  ne changeront pas de méthode de  gouvernance.

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