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Casablanca, 1ère place financière africaine

Plus de 130 entreprises étrangères et marocaines ont le statut CFC (Casablanca Finance City)

Casablanca Finance City (CFC) est la 1ère place du continent, devant Johannesburg. Le nouveau hub financier africain compte plus de 130 entreprises labellisées CFC pilotant leurs activités africaines depuis Casablanca.

Depuis fin 2015, la place financière de Casablanca (Casablanca Finance City) est la première place financière africaine, devançant Johannesburg. Et c’est Said Ibrahimi, directeur général de Casa Finance City Authority, qui l’a déclaré, non sans fierté, mardi 31 octobre 2017 à Casablanca, à l’occasion d’un dîner-débat organisé par Rotary Club Atlantic, en présence du past-directeur central du Rotary international, Mohamed Benmejdoub, et du Gouverneur du district 9010, Abdelilah Lahlali. Le classement, réalisé par un think tank londonien, prend en compte, entre autres critères, les appréciations que portent les acteurs financiers étrangers et les agences de rating sur CFC.

«La place de Johannesburg a souffert de l’instabilité politique. Nous travaillons pour asseoir notre positionnement de 1ère place financière africaine de façon définitive dans les années à venir dans le cadre de notre vision 2020-2025», confie Said Ibrahimi.
Pour être conforté dans ce positionnement fort envié, la proposition de valeur de CFC doit évoluer constamment en y additionnant de nouveaux avantages ou incitations d’ordre réglementaires ou fiscales comme le fait de pérenniser le taux de 20% de l’IR (impôt sur le revenu) au profit des sociétés jouissant du statut ou du label CFC.

Pour l’heure, le CFC, qui est pleinement opérationnel, accompagne depuis 2012 plus de 130 entreprises qui jouissent du statut CFC avec tout ce que cela comporte comme avantages (fiscalité allégée, facilités d’affaires, liberté des changes et de transfert de capitaux, visas de travail…). Ces entreprises à vocation africaine sont catégorisées soit comme institutions financières, entreprises de services professionnels (avocats, auditeurs, consultants…) ou des sièges régionaux de multinationales non financières pilotant les activités africaines depuis Casablanca.

Parmi les entreprises ayant le label CFC, on peut citer Bank of China, qui supervise ses activités en Afrique francophone, le Fonds initié par la Banque africaine de développement, Africa50, qui investit 100 milliards de dollars dans le continent, le cabinet Mc Kinsey, BCG, AIG, Huawei (qui a transféré son siège régional du Caire vers Casablanca), Accor (siège régional qui pilote l’Afrique et l’Océan indien)…

Justice des affaires financières
Faire de Casablanca Finance City un centre reconnu d’arbitrage comme le sont Londres, Paris, Hong Kong ou, plus récemment, Singapour serait un facteur d’attractivité supplémentaire. La plupart des grandes places financières mondiales abritent d’importants centres d’arbitrage comme l’ICC International Court of Arbitration basée à Paris, la LCIA à Londres ou l’ICDR américain. C’est le défi que s’est lancé et qui fut relevé par Said Ibrahimi.

Ainsi, selon M. Ibrahimi, une chambre dédiée aux entreprises CFC est située au niveau du tribunal de commerce et la cour d’appel de commerce de Casablanca. Cette chambre est dirigée par des juges formés dans les affaires financières notamment. En sus de cela, le CFC dispose d’un centre international d’arbitrage et de médiation. «L’objectif est de positionner notre place comme un pôle d’arbitrage international reconnu et accepté », confirme Saïd Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City Authority.

Forte empreinte en Afrique
Parmi les autres avantages dont profitent les entreprises CFC à vocation africaine, l’accompagnement de qualité notamment en termes de fluidité des personnes (aucune contrainte concernant le recrutement de personnes étrangères avec l’ouverture d’un guichet unique où sont postées les demandes de contrat de travail), de fluidité des capitaux (détention par les entreprises CFC de 100% du capital, transfert rapide de dividendes sans quasiment de contrôle de changes en livrant un compte-rendu des statistiques une fois par an)… Et la liste est longue. Dans quelques mois, plus précisément en septembre 2018, le centre d’affaires va se déplacer au quartier Casa Anfa où les entreprises CFC vont s’installer dans une tour de 27 étages et deux bâtiments propres à CFC.

Un peu plus de cinq ans qu’elle est devenue opérationnelle, il est temps de faire un bilan de l’empreinte de CFC en Afrique. Ainsi, en 2016, 75% des investissements qui partent du Maroc vers l’Afrique sont l’oeuvre des entreprises CFC. Et entre 2015 et 2016, leurs investissements ont crû de 80% et couvrent actuellement 46 pays africains.

Mieux encore, sur les 130 entreprises CFC, il y a une vingtaine d’entreprises marocaines qui ont créé des structures dédiées au pilotage des activités africaines telles qu’Attijariwafa bank, BMCE bank of Africa, la Banque Populaire ainsi que des holdings ayant des participations africaines dans des secteurs non financiers.

Ce n’est pas pour rien si Casablanca Finance City est classée aujourd’hui première place financière d’Afrique. Elle continue à drainer, à un rythme croissant, des investissements vers le continent. Les grands groupes et les multinationales qui s’y installent développent par ailleurs des partenariats avec des entreprises marocaines pour former des joint-ventures afin de percer le marché africain. «L’Afrique recèle 1.600 milliards de dollars d’opportunités d’affaires. Le continent est le prochain relais de croissance mondiale. Guidées par les orientations royales, beaucoup d’entreprises marocaines notamment dans le secteur financier (présent dans 34 pays africain) ont investi dans le continent», commente le patron de Casablanca Finance City Authority.

Si le développement des places financières prend entre 15 et 20 ans, Casablanca Finance City a réalisé en cinq ou six ans un exploit majeur en devenant la première place financière africaine. Car en 2010, date de création de CFC, on ne recensait que 2 centres financiers africains (Johannesburg et les Iles Maurice). L’expérience et les études ont prouvé que l’impact des places financières mondiales sur la croissance économique et la création d’emplois des villes où elles sont implantées, est indéniable. «Le taux de croissance de Londres ou de Singapour est supérieur à celui de toutes les villes de l’OCDE. Pour Casablanca, l’impact sur la création d’emplois est pour l’heure significatif. Il sera encore plus important dans les années à venir», conclut Said Ibrahimi.

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