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Les Canaries inquiètes des explorations pétrolières marocaines

Guerre du pétrole en vue?

En accordant un permis de prospection au large des Canaries, le Maroc n’a pas fait que des heureux du côté de l’archipel.

C’est presque devenu un marronnier: depuis près de dix-sept que les explorations pétrolières ont commencé au large des Canaries -plus précisément en décembre 2001-, on évoque à chaque fois le spectre d’une guerre des hydrocarbures qui mettrait aux prises le Maroc et l’Espagne.

Ce n’est certes pas complètement farfelu, voire au contraire réaliste si l’on se réfère au déploiement à Puerto del Rosario depuis mai 2013, non loin des lieux habituels de prospection, d’un régime d’infanterie légère espagnol -qui s’ajoute à quatre navires d’action mouillant depuis belle lurette au même endroit-, mais c’est dire qu’il ne s’agit pas là seulement d’une fièvre de l’or noir passagère. L’affaire vient d’ailleurs de rebondir une nouvelle fois dans l’actualité suite à la signature, le 20 décembre 2017, par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la compagnie italienne ENI d’un accord pétrolier portant sur la zone offshore nommée Tarfaya Offshore Shallow située au large des villes de Sidi Ifni, Tan Tan et Tarfaya, soit juste sous le nez des Canaries.

Le satisfecit de Rabat
Une annonce qui, comme on peut l’imaginer, n’a pas été accueillie par des youyous de l’autre côté du détroit, puisque Ciudadanos, Podemos et la Coalition canarienne, qui sont tous trois représentés au parlement canarien, ont saisi le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération espagnol, Alfonso Dastis, pour que ENI cesse ses opérations. D’après eux, les activités de la société sont de nature à polluer l’archipel canarien, qui tire une part substantielle de ses revenus du tourisme (plus de 20% du produit intérieur brut (PIB), en moyenne). «Il est essentiel que tous les doutes existants soient éclaircis et que la société canarienne soit rassurée,» a notamment déclaré, le 11 janvier dernier, la députée Ciudadanos, Melisa Rodriguez. Pour l’instant, l’Exécutif espagnol s’est réfusé de prendre partie contre le Maroc.

«Ce sont des eaux sous juridiction marocaine, » a même déclaré Mercedes Roldos, déléguée du gouvernement dans les Îles Canaries. Ce qui a le mérite d’être clair et, surtout, devrait susciter le satisfecit de Rabat, qui avait par ailleurs procédé en juillet dernier à l’extension de son domaine maritime, porté à 200 milles marins. Deux projets de loi avaient, dans ce sens, été adoptés par le gouvernement. «Ces textes visent à inclure l’espace maritime faisant face aux côtes du Sahara marocain dans l’arsenal juridique national, pour cimenter la tutelle juridique du Maroc sur ces eaux et barrer la route à toutes les allégations remettant en cause la souveraineté du Royaume sur cet espace,» avait alors reconnu l’Exécutif par la voix de son porte-parole, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi.

Toutefois, comme mentionné plus haut, un conflit militaire n’est pas complètement à écarter. Si, en fait, le gouvernement espagnol n’a aucun problème à soutenir aujourd’hui les revendications marocaines -ce qui est somme toute récent-, c’est surtout parce qu’il considère que le pétrole canarien n’est pas exploitable, ou du moins tant que le prix du baril demeure aussi bas que maintenant. D’ailleurs, depuis janvier 2015, Repsol, qui s’était vu accorder le contrat de prospection en 2001, a complètement abandonné ses opérations. Mais qui sait si, demain, des découvertes mirifiques étaient faites?

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