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La campagne agricole à la merci des changements climatiques

En attendant la pluie

Les agriculteurs, notamment ceux qui vivent de la céréaliculture, sont plus qu’inquiets. La rareté de l’eau risque de leur porter préjudice.

Excepté les quelques orages enregistrés ici et là dans des zones montagneuses, la pluie se fait encore attendre. Mais rien n’est encore joué pour la campagne agricole. Les mois de novembre et de décembre peuvent apporter des surprises tant les changements climatiques sont annonciateurs aussi bien de pluies diluviennes que de sécheresses prolongées. «Le climat au Maroc est surtout caractérisé par la montée de l’aridité», nous dit l’Institut Royal des études stratégiques (IRES), qui vient de rendre public un document sur l’importance du «couple énergie-climat, deux questions stratégiques interdépendantes». Le document soutient, notamment, que le changement climatique a de multiples répercussions sur le Royaume. Il cite l’augmentation des températures moyennes annuelles de 0,6° C par décennie depuis les années soixante.

Phénomènes extrêmes
Les auteurs du document n’ont pas manqué aussi de faire cas de la diminution des pluies de printemps de plus de 40% et de l’accroissement de la durée maximale des périodes sèches de 15 jours, de l’intensification des phénomènes extrêmes, tels que les orages, les averses, les vagues de chaleur et de froid et des sécheresses sévères et fréquentes ces dernières décennies. L’Institut Royal prévoit également pour l’avenir des précipitations en baisse d’environ 20 à 50%, en moyenne, d’ici la fin du siècle.

En année normale, la pluviométrie devra atteindre 140 milliards de mètres cubes avec une grande variabilité inter-annuelle et spatiale assez accentuée. Ainsi, le cumul des précipitations peut dépasser les 800 mm au Nord du Royaume et descendre à moins de 50 mm au Sud. Avec de fortes variations dans le temps. Souvent, nous disent les statistiques du département de l’Eau, que dirige Charafat Afilal, la moyenne annuelle est enregistrée sur une courte durée de 2 à 3 mois. En automne, la majorité de la côte atlantique est soumise à un vent fort de Nord-Ouest. Les températures sont agréables et les pluies se font parfois fréquentes en novembre.

Mais au Maroc, c’est l’hiver qui est généralement la saison la plus pluvieuse. Nos agriculteurs, notamment, ceux qui vivent de la céréaliculture sont plus qu’inquiets. La rareté de l’eau, qui concerne plusieurs zones Bour, risque de porter préjudice, non seulement au rendement des cultures mais aussi à la survie du cheptel. Et d’une manière générale ce stress hydrique risque de plomber les performances de la croissance économique. Croissance qui a fluctué, jusqu’ici, en étroite relation avec les résultats du secteur agricole. Secteur qui continue à occuper une bonne partie de la population active marocaine.

Cette rareté de l’eau est d’autant plus grave qu’elle touche non seulement certaines localités du Sud comme Zagora mais aussi certaines localités de l’Atlas. Localités qui commencent à souffrir de l’accès à cette denrée si rare: l’eau. Source de vie et de prospérité.

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