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Brahim Ghali s’accroche au pouvoir

Brahim Ghali

Le Polisario reporte son congrès en raison des problèmes internes

Le chef séparatiste cherche à gagner du temps afin de pouvoir négocier en coulisses avec les différents courants et ainsi garder la main.

Mécontentement au sein du Front Polisario, après que la direction du mouvement séparatiste ait décidé de reporter son prochain congrès, au cours duquel il doit renouveler ses instances. Ce congrès, XVe du nom, devait se tenir avant la fin de l’année, mais il ne devrait finalement avoir lieu, au plus tôt, qu’après l’été 2019. Le secrétariat général du Polisario a avalisé cette décision au cours de sa session du samedi 14 juillet 2018, sans s’en expliquer. Mais tout porte à croire qu’il s’agit d’une manoeuvre du secrétaire général du front et autoproclamé «président» de la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD), Brahim Ghali, pour rester à la barre.

De plus en plus contesté en raison des échecs cumulés face au Maroc, qui rallie de plus en plus de voix à l’international notamment en Afrique, le chef séparatiste chercherait à gagner du temps afin de pouvoir négocier davantage en coulisses avec les différents courants et ainsi garder la main. Une stratégie dans laquelle son prédécesseur, Mohamed Abdelaziz, était passé maître, puisque les reports de congrès était devenus sous son mandat monnaie courante, en plus d’arroser çà et là toute possible contestation grâce à la manne humanitaire généreusement octroyée par la communauté internationale aux réfugiés sahraouis.

Complicité de la junte algérienne
En bon élève, M. Ghali ne devrait certainement pas déroger à la règle. Cependant que la jeunesse séquestrée dans les camps de Tindouf, en Algérie, avec la complicité de la junte algérienne, ne semble pas autant sensible aux arguments pécuniaires que sa prédécesseur, et d’ailleurs plusieurs voix se sont élevées pour rejeter le report du congrès. Ces jeunes sont pour la plupart constitués au sein du Mouvement du 5-mars et du Mouvement des jeunes pour le changement à Tindouf, tous deux hostiles au Polisario.

Le 16 juin 2018, un trentenaire répondant au nom de Brahim Ould Salek Ould Breika, membre du premier mouvement, avait été abattu par les milices de M. Ghali au cours d’un sit-in de protestation. Le Conseil des droits de l’Homme (CDH) tenu fin juin-début juillet dans la ville de Genève, en Suisse, n’avait pas manqué de mettre à l’amende le Polisario pour avoir instauré une zone de non droit à Tindouf où les réfugiés sont privés de leurs droits civils et politiques.

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