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Benkirane garde la main

Élection des nouveaux membres du conseil national du PJD

Bien que débarqué du poste de secrétaire général depuis plus d’un mois, Abdelilah Benkirane continue de peser au Parti de la justice et du développement.

Ne jamais enterrer un homme politique. Surtout s’il a déjà fait preuve, à de multiples reprises, de sa capacité à revenir d’entre les morts. Surtout aussi, pour être bien plus précis, s’il s’appelle Abdelilah Benkirane.

Débarqué de la primature puis récemment encore du poste de secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) -les deux fois remplacés par son opposé intime, Saâd Eddine El Othmani-, il donne même l’impression d’avoir perdu son mojo. «Je suis comme n’importe quel membre du PJD,» assurait-il justement, au lendemain de sa mise à la retraite anticipée par ses compères du parti de la lampe, à son proche entourage.

Et pourtant… M. Benkirane n’a jamais semblé autant peser auprès de ses anciennes ouailles. Défavorable pourtant à sa continuation, le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, est par exemple un des premiers à reconnaître que son ancien chef a placé la barre trop haut. «Bqat blasto,» a-t-il confessé dans l’émission Fi Qafas Al-Ittiham diffusée le 19 janvier 2018 par Med Radio, c’est-à-dire que son absence se fait sentir. M. El Othmani n’aurait certainement pas été d’accord puisque lui, au contraire, c’est la présence de son prédécesseur qui semble lui peser. L’élection des nouveaux membres du conseil du PJD, ce 20 janvier, avait ainsi été l’occasion de tester l’influence ou supposée telle restée à M. Benkirane au sein du parti, dans un premier test depuis qu’il avait passé le témoin le 10 décembre 2017.

Adversaire malheureux
Sa parole avait-elle encore une quelconque répercussion, comme cela avait été le cas lors de ses deux mandats de secrétaire général? Il semble a posteriori que oui. En effet, ce sont des hommes et femmes bien à lui qu’on retrouve encore dans ce qui s’apparente à un parlement du premier parti politique du pays, avec notamment le maintien d’Abdelali Hamiddine en tant que vice-président (à une large majorité), en plus de l’élection du secrétaire général de la section de la jeunesse, Khalid El Boukaraï, et des députées Amina Mae El Aïnine et Karima Boutkhil au bureau du conseil. Ces derniers avaient tous été écartés par M. El Othmani, à son élection, du secrétariat général.

La présidence est par ailleurs assurée depuis plus d’un mois par Driss El Azami El Idrissi, qui avait succédé à l’actuel chef de gouvernement après avoir été son adversaire malheureux au poste de secrétaire général et est d’ailleurs notoirement proche de M. Benkirane. Mais il y a pire pour M. El Othmani: un amendement qu’il avait proposé, concernant la suppression d’une disposition interdisant l’accumulation d’un mandat régional, provincial ou local au sein du parti avec la présidence d’un conseil communal ou d’une chambre professionnelle a tout bonnement été rejeté. Un désaveu que M. Benkirane n’avait, tout au long de ses neuf années et plus aux commandes, jamais connu. Pour espérer régner en main de maître, M. El Othmani devra donc encore repasser.

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