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La baisse des réserves de sécurité des hydrocarbures menace d’une éventuelle hausse des prix

Plus de raffinerie, plus de stocks stratégiques

En n’atteignant pas le stock de sécurité légal, l’incertitude plane sur la capacité du Maroc à gérer ses besoins en hydrocarbures en cas de perturbations géostratégiques.

Aziz Rebbah, ministre de l’Energie, a récemment fait une déclaration devant la Chambre des conseillers au Parlement en révélant que le stock de sécurité des hydrocarbures couvre, actuellement, à peine la consommation de 47 jours. Or, il y a quelques mois, les magistrats de la Cour des comptes nous l’ont rappelé: Au niveau des produits pétroliers, le niveau minimal prévu par la loi du stock stratégique est situé entre 75 et 60 jours de consommation. Les mêmes magistrats ont soulevé dans leur rapport que «Les modalités de contrôle et de suivi prévues montrent de réelles insuffisances», pointant du doigt l’absence de rigueur du département de la tutelle. Au moment de la publication du rapport, les stocks de fuel industriel atteignaient 5 jours! Les écarts sont plus significatifs pour certains hydrocarbures beaucoup plus que d’autres.

Une année après la publication du rapport de la Cour des comptes (10 janvier 2017) sur la situation préoccupante des stocks des produits pétroliers, le ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement tente encore de résoudre le problème du stockage du secteur pétrolier. Mais pour l’heure, rien n’est encore fait!

Pas de suivi et de contrôle
Malgré les trois terminaux de stockage, de Tanger Med, de Mohammedia et Jorf Lasfar, la capacité de stockage des distributeurs pétroliers reste limitée. Et les investissements dans ce sens n’ont pas été dynamiques alors que les profits des pétroliers ont doublé depuis la libéralisation des prix.

L’incertitude sur les stocks constitue une réelle menace sur l’approvisionnement, ce qui est en soi un risque de hausse des prix. Cette libéralisation des prix n’a pas profité au consommateur étant donné qu’il n’y a que quelques centimes de différence entre les stations des différents pétroliers. Le risque d’entente implicite ou explicite pourrait être derrière l’augmentation des prix au détriment des consommateurs. Mais le conseil de la concurrence, qui devrait le confirmer ou l’infirmer, est en veilleuse. La dernière condamnation par Royal Air Maroc de l’entente entre certains fournisseurs de kérosène pourrait être prise pour exemple.

L’incertitude porte aussi sur l’évolution future des cours de pétrole. Car la moindre perturbation de la conjoncture politique dans un contexte géopolitique instable serait à même d’impacter grandement les cours du pétrole. Aussi, avec le risque de change, un dollar surévalué, les prix à la pompe seront revus à la hausse. Mais là aussi le gouvernement n’a rien prévu. Encore moins pour contrôler les stocks stratégiques d’hydrocarbures qui pourraient aussi jouer la pression sur les prix.

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