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Badr Hari réussit son retour sur les rings

À la force du poing

Pour son retour sur les rings après sa peine de prison aux Pays-Bas, Badr Hari a réussi à se défaire de Hesdy Gerges, dans ce qui était également une revanche sur l’Égypto-Néerlandais face à qui il avait perdu en mai 2010.

Essoufflé, Badr Hari l’était ce samedi 3 mars 2018 à la fin de son combat face à l’Égypto- Néerlandais Hesdy Gerges. Debout à droite de son adversaire, dont il était séparé par l’arbitre de la rencontre, le kick-boxeur marocain devait à chaque fois reprendre son souffle pour répondre aux questions de Glory TV, la chaîne de télévision de la ligue de kickboxing Glory World Series, dans le cadre de laquelle s’est déroulée l’opposition.

C’est que, comme à son habitude, il a donné tout ce qu’il avait dans le ventre, pour ce qui était son retour sur les rings depuis sa sortie de prison le 10 novembre 2017. Dominateur lors des trois rounds qu’a comptés la partie et surtout bien aidé par sa perte de poids -il aurait perdu plus de 12 kg, selon son entraîneur Mike Passenier, par rapport à son dernier combat en décembre 2016 face à Rico Verhoeven-, Hari s’est imposé après avoir réussi à asséner 95 coups à son adversaire, cependant que ce dernier n’a pu lui en rendre que 82. Il est par la même occasion parvenu à prendre sa revanche sur Gerges, face à qui il avait perdu en mai 2010 à Amsterdam, après avoir continué à le frapper alors qu’il était au sol (disqualifié).

En excellente forme
Sa première pensée après sa victoire, Hari l’a eue pour le Maroc, dont il a crié le nom devant les quelque 10.000 spectateurs présents dans l’enceinte de l’Ahoy Arena de Rotterdam, qui a accueilli le match. «Tout cela c’est pour le drapeau,» a-t-il confié, en désignant le drapeau national qu’il portait sur les épaules. Il s’est par ailleurs dit en excellente forme physique -«je suis fort, je suis affûté, je prends soin de mon poids,» a-t-il assuré-, et s’est déjà projeté dans l’avenir, puisqu’il souhaite affronter Verhoeven, face à qui il avait dû abandonner au deuxième round de leur combat de décembre 2016 en raison d’une fracture au bras droit (ce devait en principe être le dernier combat de Hari, mais ce dernier est par la suite revenu sur sa décision, refusant de décrocher sur une défaite essuyée de cette façon).

Erreurs de jeunesse
«Le combat a été un message,» a-t-il plastronné. En tout cas, Hari devrait poursuivre ses entraînements sous la férule de Passenier, son fidèle coach depuis plus de treize ans -depuis janvier 2005-, puisque le contrat qu’il avait signé le 9 décembre dernier avec la société organisatrice des Glory World Series fait mention de plusieurs combats, et non pas un seul. Hari assure ainsi, depuis plusieurs mois, que sa carrière devrait au moins durer jusqu’à ses 35 ans, âge qu’il aura en décembre 2019 (il a actuellement 33 ans). De quoi, au passage, encore ajouter à sa légende, puisque ses 106 victoires en 119 matchs, pour seulement 13 défaites, en plus de ses cinq titres de champion du monde dans les différents championnats où il a concouru -K-1, It’s Showtime, GFCen font un des meilleurs combattants de l’histoire du sport. «Je n’ai toujours pas de concurrence,» affirmait-il le 7 février dernier à Rotterdam, lors d’une conférence de presse tenue en prévision de son combat face à Gerges. La carrière de Hari aurait pourtant bien pu se terminer plus tôt en raison de son emprisonnement.

La justice néerlandaise l’avait ainsi condamné en octobre 2015 à deux ans de prison, dont dix mois avec sursis, pour avoir agressé physiquement en juillet 2012, dans une boîte de nuit d’Amsterdam -Sensation White-, l’homme d’affaires Koen Everink, qui aurait insulté sa compagne de l’époque, Estelle Cruijff, nièce pour l’anecdote de l’ancienne gloire du football néerlandais Johan Cruijff et exfemme de l’également footballeur Ruud Gullit. Everink, qui avait été retrouvé mort assassiné en mars 2016 à son domicile, avait été blessé aux yeux et au nez et avait dû subir plusieurs opérations à la cheville, sans toutefois pouvoir en récupérer la pleine motricité. Hari avait fait appel de la décision du tribunal de première instance puis s’était pourvu en cassation, mais la cour suprême des Pays-Bas avait confirmé son jugement en février 2017.

Il avait débuté sa peine le 3 avril après s’être rendu à la police, puis, après trois mois, avait obtenu, dans le cadre de son programme de réinsertion, l’autorisation d’aller s’entraîner journalièrement au club de Passenier situé à Oostzaan, dans le Grand Amsterdam, et distant de quelque huit kilomètres du Complexe judiciaire de Zaanstad, où il avait été écroué. Aujourd’hui, Hari se dit pleinement mature et excipe d’erreurs de jeunesse. En novembre 2015, il avait fait le voeu de pouvoir disputer un jour son dernier combat au Maroc, devant le public marocain. Qui sait si à l’avenir il pouvait réaliser ce rêve?.

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