Dépêche
Accueil » Economie » Aziz Akhannouch part en guerre contre la pêche illicite

Aziz Akhannouch part en guerre contre la pêche illicite

STRATÉGIE. Le salon est devenu la vitrine maritime par excellence du Maroc sur le monde extérieur. À travers la stratégie Halieutis, lancée en 2009, le Maroc aspire à promouvoir le secteur de la pêche pour en faire un pilier de l’économie marocaine.

STRATÉGIE. Le salon est devenu la vitrine maritime par excellence du Maroc sur le monde extérieur. À travers la stratégie Halieutis, lancée en 2009, le Maroc aspire à promouvoir le secteur de la pêche pour en faire un pilier de l’économie marocaine.

On le sait, la pêche maritime figure parmi les secteurs les plus stratégiques de l’économie marocaine. Mais le ministre de tutelle, Aziz Akhannouch, a voulu en faire un pilier à part entière. Et il est en train de réussir. Avec le salon Halieutis, dont la troisième édition a eu lieu à Agadir, du 18 au 22 février 2015, la pêche maritime marocaine acquiert désormais une notoriété internationale incontestable. Il n’y a, en effet, qu’à voir les chiffres exceptionnels de cette édition, qui a connu un succès retentissant: 36 pays, dont 25 issus de l’Afrique, y ont participé d’une manière solennelle, 320 marques et enseignes nationales et étrangères ont été représentées et plus de 50.000 visiteurs ont tenu à marquer leur présence dans le salon.
Organisée tous les deux ans depuis 2011, cette grande foire de la ressource halieutique est devenue la vitrine maritime par excellence du Maroc sur le monde. Si l’Europe, la Russie et le Japon, considérés comme des partenaires maritimes du Maroc, sont traditionnellement présents dans le salon, il n’en demeure pas moins que cette troisième édition a connu un fort ancrage à l’Afrique. Plus de 60% du pavillon international est dominé par les exposants africains.
Autant dire que le destin du Maroc demeure intimement lié à celui de ses pairs africains compte tenu d’une appartenance continentale commune et du partage des mêmes côtes atlantiques et des mêmes stocks halieutiques. La Côte d’Ivoire, dont les liens politiques et économiques avec le Maroc sont forts et solides, a été choisie cette année comme invité d’honneur.

Garantie de la qualité
Le salon Halieutis s’inspire de la stratégie portant le même nom, lancée en 2009 par le ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, pour répondre à un besoin pressant d’assainissement et de restructuration d’un secteur qui était, jadis, désorganisé et anarchique. L’objectif majeur de cette stratégie est de tripler la part du secteur dans l’économie. Six ans après son lancement, la stratégie Halieutis semble donner ses fruits. Désormais, le nouveau dispositif mis en place dans les ports pour contrôler les pêches artisanales et côtières conduit à couvrir 95% des déclarations réalisées par les pêcheurs, contre 15% seulement il y a quelques années. Ce système de déclaration et de contrôle dans les nouvelles halles au poisson assure une garantie de la qualité du poisson destiné à la consommation. Alors que le Royaume compte plus de 3.500 kilomètres de côtes, parmi les plus poissonneuses au monde, la pêche représente déjà plus de 2% du PIB, mais la ressource reste largement à valoriser. En 2014, le Maroc a produit 1,3 million de tonnes de poisson, ce qui en fait le premier producteur d’Afrique. «Il s’agit de 82% des objectifs du programme, dont le terme n’est prévu qu’en 2020», a précisé le ministre pendant sa rencontre avec la presse, en marge du salon. Toujours en 2014, le Maroc a signé un nouvel accord de pêche avec l’Union Européenne. L’ancien accord avait été suspendu en 2012 après une décision regrettable du Parlement européen. Profitant de l’occasion pour renégocier un accord équitable, le Maroc a obtenu de l’Europe une compensation financière de l’ordre de 40 millions d’euros.

Nouveau champ de partenariat
Pour marquer son attachement à son partenariat avec le Maroc, l’Union Européenne a dépêché le commissaire européen à la pêche, Karmenu Vella, qui s’est rendu au salon, le jeudi 19 février. C’est sa première visite hors Europe après sa désignation en juillet 2014 dans la commission européenne de Jean Claude Junker.
Pour Aziz Akhannouch, «le marché européen est très prometteur et l’embellie de la zone euro a permis d’accroître les exportations de 25% en valeur». Cette association maritime avec l’Europe va au-delà de l’autorisation accordée aux 126 bateaux européens de pêcher dans les eaux marocaines; elle s’étend en effet à de nouveaux champs de partenariat tels le domaine novateur de l’aquaculture.

Alternative à la stagnation Cette nouvelle technique d’élevage d’espèces variées du poisson est interprétée comme une alternative à la stagnation de la production mondiale. En effet, pour promouvoir cette technique, un accord de jumelage a été signé avec l’UE, avec pour objectif d’améliorer la traçabilité et l’étiquetage.
Il vise également à promouvoir la filière dans son ensemble. Outre la valorisation des exportations, la stratégie Halieutis fait de la durabilité de la ressource halieutique son véritable cheval de bataille. «Il nous a fallu plusieurs années pour reconstituer les stocks du poulpe, espèce qui avait subi une surexploitation incroyable pendant longtemps», se félicite Aziz Akhannouch. Celui-ci part désormais en guerre contre la pêche illicite et la surexploitation de la ressource maritime. Aux plans d’aménagement mis en place pour ajuster les captures de poisson en fonction des capacités de chaque zone, le ministre annonce l’instauration de cartes à puces dans les navires et les barques de pêche. Objectif: avoir toutes les informations qui rendent compte des sorties des bateaux dans les mers.
C’est que le ministre de l’agriculture et des pêches maritimes ne badine pas avec la santé des Marocains, à qui il promet un poisson de qualité qui répond aux standards de consommation les plus respectés dans le monde.

NEWSLETTER MAROC HEBDO.

Entrez votre adresse e-mail

S'abonner à  la Newsletter !