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Un avenir sombre pour le Maroc

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Plus de 40% de la jeunesse urbaine est au chômage

L’avenir de la jeunesse est plus que jamais en danger dans le Royaume, agité ces derniers mois par des mouvements de protestation menés le plus souvent par des jeunes au chômage.

Les nouvelles statistiques sur le chômage, rendues publiques par le Haut Commissariat au plan, font froid dans le dos. Ainsi, le taux de chômage a officiellement dépassé 10% en 2017. Ce taux atteint le record absolu de 42% parmi les jeunes en milieu urbain. Ce qui veut dire que 4 jeunes sur 10 sont au chômage. Une bombe à retardement alors que le Maroc est aux portes de grandes échéances stratégiques, dont sa candidature à l’organisation de la coupe du monde 2026. Portée par une croissance de 4%, contre seulement 1,2% en 2016, l’économie marocaine a créé en 2017 environ 86.000 postes d’emploi. Mais, en même temps, 135.000 personnes sont arrivées sur le marché du travail. Soit un différentiel de 49.000 personnes qui n’ont pas été embauchées. Le taux de chômage officiel est ainsi passé de 9,9% en 2016 à 10,2% en 2017, soit près de 1,2 million de chômeurs à l’échelle nationale.

Dégradation du système éducatif
En milieu urbain, le taux de chômage a également augmenté, passant de 14,2% à 14,7%, et il touche principalement les jeunes âgés de 15 à 24 ans: dans cette catégorie, il culmine à 42,8%, soit une hausse d’un point en un an, selon l’enquête, menée sur un échantillon de 90.000 ménages.

La question du chômage est au coeur des préoccupations sociales et donne parfois lieu à des manifestations pour réclamer de l’emploi, notamment chez les diplômés chômeurs, qui pâtissent de la dégradation du système éducatif. Il faut dire que l’avenir de la jeunesse est plus que jamais en danger dans le Royaume, agité ces derniers mois par des mouvements de protestation menés le plus souvent par des jeunes au chômage. «Ce chômage des jeunes n’est pas un phénomène récent, mais il a tendance à devenir structurel avec la déperdition scolaire et la faible diversification du tissu productif national», explique Ahmed Lahlimi, le Haut-commissaire au plan. Et d’ajouter: «La précarité de l’offre d’emploi n’encourage pas l’investissement des ménages dans l’enseignement de leurs enfants. Cela participe à la déperdition scolaire », ajoute-t-il.

Les diplômés sont, par ailleurs, davantage exposés que les personnes n’ayant suivi aucune formation. Diplômés mais souvent peu qualifiés, ils pâtissent des défaillances du système éducatif et de son inadéquation avec le marché du travail.

Le chômage touche aussi de plein fouet les femmes, avec un taux de 14,7%, contre 8,8% chez les hommes. Un écart qui s’explique en partie par la tendance des parents à favoriser les garçons au détriment des filles, sans compter les discriminations en termes de salaires. En janvier dernier, le Fonds monétaire international a, de son côté, appelé les autorités du Royaume à réduire les niveaux toujours élevés de chômage, notamment chez les jeunes. Une question à prendre très au sérieux, prévient ainsi le FMI.

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