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Anniversaire de la Marche Verte

Mustapha Sehimi

FERMETÉ ROYALE, TOUJOURS

«Droit dans ses bottes», le Maroc a fait le maximum avec son projet d’autonomie.

42 ans après la Marche Verte, où en est-on? Le Maroc a récupéré ses provinces sahariennes. L’ex-Sahara occidental occupé par l’Espagne est partie intégrante du Royaume et connaît depuis des décennies le développement et le progrès social –c’est même l’illustration emblématique d’une longue marche. Tout cela est connu. Mais dans son discours de commémoration du 6 novembre 1975, S.M le Roi a fait référence pour la première fois à autre chose: l’Histoire. La référence faite à cette occasion à une date particulière, forte de sens: celle du discours de feu S.M Mohammed V à M’Hamid El Ghizlane, le 25 février 1958. Cette date-là prend tout son relief si l’on prend en compte d’autres faits.

En proclamant solennellement la poursuite de l’action «pour le retour de notre Sahara», Mohammed V a invoqué les droits historiques du Maroc. C’était là la relance de la mobilisation pour le parachèvement de l’intégrité territoriale, deux ans après l’indépendance. Mais c’était également la réaffirmation d’une légitime revendication. A cette date, quelle voix extra-marocaine avait formulé une telle demande? Pas d’Algérie, qui ne sera indépendante qu’en 1962. Pas davantage quelque autre partie devant les Nations Unies –il faudra en effet attendre 1963 puis 1966 pour que le Maroc de nouveau se mobilise en demandant l’inscription de la question du Sahara occidental, alors sous occupation de Madrid, à l’ordre du jour de la commission des 24, dite de décolonisation des territoires non autonomes.

Ces éléments-là devaient être rappelés pour remettre en perspective les fondements des droits historiques du Royaume. Ils attestent, si besoin était, de «la permanence de la marocanité du Sahara», comme l’a réaffirmé le Souverain. M’Hamid El Ghizlane, la Marche Verte lancée par S.M Hassan II, le serment devant Dieu et devant le peuple de S.M Mohammed VI: c’est la continuité institutionnelle et politique parce que son socle est un pacte entre le Trône et le peuple.

Est-il imaginable qu’il soit accepté qu’une atteinte lui soit faite? C’est ce crédo qui aide à mieux comprendre les développements de la question nationale depuis plus de quatre décennies. En résumant, l’on dira qu’il y a pratiquement deux volets, l’un n’est pas négociable alors que l’autre peut faire l’objet d’une négociation. Le bloc frappé d’immutabilité est celui de l’intégrité territoriale. Pas un pouce de terre des provinces méridionales ne sera cédé; il est vain que certains –toujours les mêmes d’ailleurs depuis le début des années soixante, ce pays voisin que la géographie nous impose– escomptent quelque accommodement à ce sujet.

Sur cette base-là reste le négociable. Qu’y-a-t-il sur la table de l’ONU? Un texte, un projet baptisé officiellement d’«Initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la Région du Sahara». Soumis au Conseil de sécurité le 11 avril 2007, il est devenu un document de référence dans ce dossier. Cette proposition de Rabat est novatrice. Elle accorde de larges compétences à la Région autonome du Sahara; elle prévoit des organes: un parlement de membres élus, un Chef du gouvernement de cette région et même un tribunal régional supérieur ainsi que d’autres institutions spécialisées tel un CESE. Une solution politique définitive est là et tout doit être mis en oeuvre pour y arriver.

Ce volet, lui, est négociable. Il porte sur la mise sur pied du processus à suivre, comme l’a déclaré le Souverain. Il s’insère dans la dynamique nouvelle voulue par le nouveau Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi que par son Envoyé personnel, Horst Köhler. De bonne foi, le Maroc appuie cette démarche alors qu’ailleurs, en Algérie et du côté du mouvement séparatiste lige prévaut encore la rigidité. Après une première tournée dans la région, voici trois semaines, M. Köhler doit présenter le 22 novembre 2017 un rapport sur cette visite.

«Droit dans ses bottes», le Maroc a fait le maximum avec son projet d’autonomie. Il s’engage pour soutenir cette nouvelle dynamique et ce sur la base du socle de ses fondamentaux dont le respect de son intégrité territoriale. Fermeté, donc! Disponibilité et bonne foi pour soutenir un processus de règlement définitif…

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