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Ces amis Chinois qui nous veulent du bien

Abdellatif Mansour

La Chine s’investit au Maroc

En misant sur la Chine, pour une coopération mutuellement fructueuse, le Maroc a fait le bon choix.

Ceux qui craignaient le réveil de la Chine en sont pour leurs frais. La Chine a fini par s’éveiller au reste du monde. Un réveil à sa manière, made in China. Elle n’est sortie de sa torpeur séculaire que pour partir à la conquête du monde. Nous pouvons en témoigner, puisque nous étions là. Pas plus tard que le 9 décembre 2017, un grand groupe chinois signait avec le Maroc un accord gigantesque du tout électrique dans le transport. Tous les véhicules utilitaires ou de transport collectif, camions, bus et trains sont concernés en premier.

Un grand moment de commerce international. La peur d’une Chine polluante qui va pourrir l’atmosphère de la planète, jusqu’à nous asphyxier, ne tient plus la route. La Chine aussi a le souci du réchauffement de la terre et de ses conséquences dévastatrices, à partir d’un dérèglement climatique.

Mais les clichés persistent. C’est à peine si on n’en veut pas à ces Chinois de nous pomper l’oxygène. C’est tout simplement ridicule. On pourrait par contre leur reprocher de ne pas beaucoup s’intégrer dans les pays d’accueil où ils opèrent. Ce qui n’égratigne en rien les chinatowns, plantés un peu partout dans le monde, devenus un haut lieu de tourisme, très recherché par les visiteurs d’un moment. Bien qu’il ait la peau dure, le péril jaune n’a plus droit de cité nulle part. Il est déclassé sur cette échelle par les Subsahariens et les Maghrébins.

Bien plus que les milliardaires russes, les Chinois, nouveaux riches, on leur court après pour leur potentiel d’investissement sur place. Les Chinois décideurs ou porteurs de capitaux substantiels sont également appréciés pour leur savoir-faire en matière de conception adaptée et de gestion respectueuse des délais de livraison. Leur spectre d’intervention englobe de gros ouvrages, entre autres. Une étiquette leur colle à la peau, celle d’une qualité supposée peu fiable. Elle est en train de disparaître. L’acte d’achat n’est finalement déterminé que par le rapport qualité-prix.

La Chine, première puissance économique du monde, n’effraie plus. Car elle pourrait très bien appraître comme telle sur les tablettes statistiques si on mettait au service de ce classement des indicateurs adaptés. À titre d’exemple, l’achat par la Chine de la dette américaine, avec laquelle elle spécule sur les grandes places boursières. En misant sur la Chine, pour une coopération mutuellement fructueuse, le Maroc a fait le bon choix. La Chine aussi. Quelques chiffres pour en être convaincus. Le projet Tanger Tech devrait mobiliser, d’ici 2027, quelque 100 mille emplois, dont 90% de main d’oeuvre marocaine. De même qu’il pourrait mettre à disposition pas moins de 10 milliards de dollars, en terme de possibilité de réinvestissement chinois au Maroc. Le compte est bon aussi pour la Chine. D’autant plus que le Maroc est attractif autant par lui-même que par sa position géographique comme porte d’accès à l’Afrique. Un continent somnolent, qui s’est lui aussi réveillé. Il offre d’énormes possibilités d’investissement. Les Chinois sont parmi nous; ils se sont regroupés, comme par un instinct grégaire, à Derb Omar, à Casablanca. C’est leur Chinatown au Maroc, là où ils ne passent pas pour des touristes.

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