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Amir Moussaoui, le diplomate iranien intermédiaire entre le Hezbollah et le Polisario

L’homme qui voulait embraser le Maghreb

L’attaché culturel de l’ambassade d’Iran à Alger a permis au Polisario d’entrer en contact avec le Hezbollah.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, n’a pas voulu donner de nom en parlant d’un diplomate iranien qui aurait joué le rôle d’intermédiaire entre le Hezbollah libanais et le mouvement séparatiste du Front Polisario. Tout juste a-t-il précisé qu’il était membre de l’ambassade d’Iran à Alger. Détail suffisant cependant pour de nombreux observateurs pour reconnaître derrière l’arlésienne la personne d’Amir Moussaoui. Ce dernier est l’attaché culturel de ladite ambassade. En Algérie, c’est ce qu’on peut dire une personnalité publique. En janvier 2016, une campagne sur les médias sociaux avait été menée pour l’expulser de la voisine de l’Est. Raison de cet opprobre, l’accusation à son encontre de mettre à profit sa mission pour diffuser le chiisme.

Des personnalités religieuses sont d’ailleurs revenues à la charge suite à la polémique sur les ingérences iraniennes dans l’affaire du Sahara marocain pour refaire la même demande. Adda Fellahi, ancien conseiller au ministère des Affaires religieuses, s’est fendu d’un communiqué vendredi 4 mai 2018 demandant à M. Moussaoui de tirer sa révérence de lui-même. «Ses activités et ses mouvements à travers le territoire national et ses contacts intenses et ramifiés avec les acteurs de la société civile, qu’il est allé étaler de façon excessive sur Facebook, suscitent l’inquiétude et soulèvent de nombreuses questions alarmantes et embarrassantes, même pour les services de sûreté, » écrit M. Fellahi. Son appel a été relayé le lendemain par le quotidien arabophone Echourouk, proche si ce n’est porte-voix officieux de la junte algérienne, ce qui en dit long sur la division au sein d’El Mouradia au sujet du personnage. D’une part, Alger serait bien inspirée d’expulser le concerné car non seulement ses activités menacent la sécurité et la stabilité du Maroc, mais celles de l’Algérie elle-même. Mais en même temps, elle doit ménager son allié iranien.

Propagateur du chiisme
Ce n’est pas sans raison que le ministère des Affaires étrangères marocain a indiqué, dans un communiqué publié le 2 mai 2018, «comprend[re] l’embarras» de la capitale algérienne. Pour l’instant, M. Moussaoui n’en démord pas: d’Algérie, il ne partira pas. Sur Facebook, il a publié le samedi 5 mai des photos de lui dans différents lieux emblématiques d’Alger, comme pour dire à ses détracteurs qu’il était bien en place. En lui, le régime iranien semble avoir le parfait relais dans ce Maghreb où il ambitionne de redistribuer les cartes après avoir déjà mis à feu et à sang le Levant.

Dans la communauté du renseignement marocain, on assure que l’intéressé est membre des Gardiens de la révolution, cette organisation paramilitaire relevant directement du guide de la révolution. Son parcours dénote d’un important rang dans l’appareil diplomatique iranien. Né le 23 septembre 1957 à Najdaf, capitale de l’Irak chiite, il fait partie de ces 15.000 Iraniens expulsés par Saddam Hussein dans les mois précédant la guerre ayant opposé huit ans durant, dans les années 1980, Bagdad et Téhéran. Rapidement, il devient un des mandarins du régime de Rouhollah Khomeini. Dépêché à Bruxelles, il est -déjà- attaché culturel, avant de travailler une première fois dans un pays arabe, en l’occurrence le Soudan, suivi de l’Algérie.

Dans l’ensemble de ces pays, il joue un grand rôle dans la propagation du chiisme, notamment… auprès de la communauté maghrébine en Belgique. Ses états de service en font à l’heure actuelle un des diplomates iraniens les plus en vue. S’il ne s’est pas directement exprimé au sujet des accusations portées à son encontre, les autorités iraniennes et leur allié du Hezbollah l’ont fait à sa place. Ces derniers continuent à nier vigoureusement tout projet visant à démembrer le Maroc, sans pour autant donner de réponse convaincante aux demandes d’éclaircissements formulées par la diplomatie marocaine. Les capitales arabes, dont nombreuses souffrent des mêmes tentatives d’ingérence de l’Iran, ont massivement soutenu le Royaume et condamné les velléités iraniennes à son encontre.

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