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Allons-nous vers une société sans argent liquide ?

Seddik Mouaffak

Allons-nous vers une vie sociale submergée par des moyens virtuels des  transactions commerciales, mais néanmoins sonnantes et trébuchantes?  C’est cette perspective qui se dessine à l’horizon proche où les bons vieux  billets de banque, remplacés par une carte de paiement électronique ou  un simple clic, n’auront plus droit de cité dans nos us et coutumes quotidiens.

Car voilà qu’encouragées par des moyens de paiement nouvelle génération, de plus  en plus d’entreprises marocaines ou étrangères de paiement incitent les porteurs de  cartes ou de mobiles à effectuer des paiements..

Ces entreprises de paiement cherchent par tous les moyens à inciter les porteurs  de cartes à utiliser de plus en plus ce moyen de paiement, pas uniquement pour les  retraits. Leur objectif n’est autre que de réduire la circulation et l’utilisation du cash  au profit des supports électroniques et digitaux. Les usagers de ces cartes n’auront  pas, ainsi, à manipuler du cash, qui fait l’objet de toutes les convoitises. Vous n’avez  qu’à les voir compter et recompter entre leurs mains, en toute fébrilité, les quelques  billets qu’ils viennent de tirer des guichets. Ayant souvent peur de se faire piquer le  cash dont ils disposent.

Par rapport aux pays du Nord (comme la Suède) ou, un peu moins par rapport aux  pays du Sud de l’Europe (comme la France ou l’Italie), le Maroc est l’un des pays où  la valeur d’usage de ces instruments monétiques comme la carte bancaire est loin  d’être généralisée. On voit mal le boucher ou le vendeur de légumes au marché de  Derb Ghalef, à Casablanca, utiliser un terminal de paiement électronique. Il faut bien  le dire, au Maroc, les gens sont très attachés à l’utilisation du cash. Non seulement  parce que, selon certaines estimations de la Banque mondiale, 14 millions de Marocains  sont encore exclus du système bancaire, mais surtout parce qu’ils ne voient  pas encore l’utilité de l’usage d’un tel support. Même dans un pays plus développé  comme la France, 55% des paiements continuent à être effectués sous forme d’espèces,  contre 40% pour la carte bancaire. Néanmoins, les habitudes évoluent. Est-ce  à dire que pièces et billets vont disparaître? Rien n’est moins sûr. Certains experts  français considèrent «qu’il restera toujours une part incompressible d’espèces en  France».

Pour le Royaume, la situation est un peu différente. Pour des raisons culturelles, une  catégorie de citoyens préfère thésauriser et faire davantage confiance au maniement  du cash. Une autre catégorie de citoyens, aux moyens limités et irréguliers, ne trouve  pas intérêt à effectuer des transactions fréquentes sous une autre forme qu’en espèces  sonnantes et trébuchantes

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