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Alger clouée au pilori

Le Conseil de sécurité met l’Algérie devant ses responsabilités au Sahara marocain

Pour la deuxième année consécutive, l’Algérie est clairement désignée par le Conseil de sécurité comme partie prenante au conflit du Sahara marocain.

La diplomatie marocaine continue de porter ses fruits. La dernière résolution du Conseil de sécurité relative à la situation concernant le Sahara marocain, adoptée ce samedi 28 avril 2018, en est la preuve la meilleure.

Comme on l’avait annoncé, le texte de ladite résolution appelle sans ambages le Front Polisario à cesser ses incursions dans la zone tampon située à l’Est du mur de défense marocain. Pour rappel, le mouvement séparatiste sahraoui avait déployé le 29 mars 2018 dans la localité de Mahbas, située en plein de la zone tampon fixée au titre de l’accord militaire numéro 1 du 24 décembre 1997, une douzaine de ses éléments pour y dresser des tentes, creuser un fossé et ériger des constructions à l’aide de sacs de sable selon ce qu’avait rapporté le représentant permanent du Maroc à l’Organisation des Nations unies (ONU), Omar Hilale, dans sa lettre du 1er avril 2018 au président du Conseil de sécurité, Gustavo Meza-Cuadra. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, qui avait présenté comme preuve des affirmations marocaines, le 4 avril 2018 dans la ville de New York, une série de clichés satellite pris entre le 8 août 2017 et le 26 mars 2018, avait agité la menace d’une intervention directe des Forces armées royales (FAR) au cas où le Conseil de sécurité et le Secrétariat général de l’ONU n’assumaient pas leurs responsabilités.

Menace d’intervention
La résolution du Conseil de sécurité sonne donc une victoire pour la diplomatie marocaine, en ce sens qu’elle reprend mot pour mot les propos tenus ces dernières semaines par les officiels marocains sur les incursions du Polisario, et d’autant plus qu’elle met à nu pour la deuxième année consécutive la thèse séparatiste de «territoires libérés» correspondant à la zone tampon. L’instance onusienne avait également appelé en 2017 le Polisario à retirer ses éléments de Guergarat, à la frontière maroco-mauritanienne, où le mouvement séparatiste avait tenté d’installer un poste de commandement, avec donc, au bout du compte, déjà un insuccès.

«Le Conseil de sécurité confirme le statut de la zone à l’Est du dispositif de défense,» s’est félicité, dans une déclaration aux médias, M. Bourita dans la foulée de l’adoption de la résolution. Deuxième point non des moins importants, l’ONU implique de nouveau la Mauritanie et surtout l’Algérie dans la résolution du conflit, ce qui en fait des parties prenantes directes et non des acteurs secondaires, comme le soutient depuis quarante-trois ans la junte algérienne.

Il faut dire que dans la lettre qu’il avait adressée le 4 avril 2018 au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, S.M. le Roi Mohammed VI avait mis en cause «la responsabilité flagrante» d’El Mouradia, qui «finance», «arme», «abrite» et «soutient diplomatiquement le Polisario», mais en refusant d’endosser son véritable rôle dans le différend. Le ministre des Affaires étrangères algérien, Abdelkader Messahel, avait d’ailleurs persisté et signé le 10 avril 2018 sur le plateau de France 24 en affirmant sans sourciller qu’Alger n’avait pas à s’impliquer dans les négociations entre le Maroc et le mouvement séparatiste. Ce point polémique explique au passage, selon plusieurs sources diplomatiques, le report de trois jours de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité sur demande de la Russie et de l’Ethiopie, suivi de l’abstention de ces deux pays ainsi que de la Chine au moment du vote afin de ne pas avoir directement à mettre à l’amende la capitale algérienne, avec qui ils sont liés par des intérêts économiques et commerciaux. Moscou est notamment le premier fournisseur d’armes de la voisine de l’Est.

Mais en soi, que le Kremlin n’ait pas opposé son véto doit fortement inquiéter de l’autre rive du fleuve Kiss, sachant d’autant plus que le rédacteur de la résolution de cette année n’est autre que les États-Unis, avec qui le gouvernement russe est pourtant en inimitiés au sujet notamment de la gestion du dossier syrien. Pour le Maroc, c’est la confirmation de la réussite de sa nouvelle stratégie diplomatique, qui s’appuie sur une diversification de ses partenariats tout en gardant langue avec ses alliés traditionnels que sont Paris et Washington.

Confirmation d’une réussite
«[La teneur positive de la résolution est] le fruit de l’action ferme et déterminante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, pour contrer toutes les tentatives insidieuses visant les intérêts supérieurs du Royaume,» a souligné M. Bourita. Du reste, l’ONU a conforté la prééminence du plan de règlement marocain, basé sur l’autonomie élargie du Sahara marocain et qui prévoit de doter la région d’organes exécutifs, législatifs et judiciaires exclusifs.

Le sérieux, la crédibilité et le réalisme du plan ont de nouveau été mis en avant. Le Conseil de sécurité a également mis l’accent sur la nécessité de parvenir à une issue réaliste, réalisable et durable basée sur le compromis; termes qui s’identifient justement au plan marocain. Prochaine étape, fin octobre 2018, pour une nouvelle résolution du Conseil de sécurité. Ce dernier a choisi de limiter à six mois seulement le mandat de la mission onusienne au Sahara marocain (MINURSO) afin de voir s’il y aura des progressions dans les négociations entre les différentes parties. Le Polisario et son parrain algérien risquent d’être courts pour peaufiner leur nouveau galimatias…

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