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AIME-LE ET QUITTE-LE

LE MAROC, C’EST MIEUX QUAND IL Y A MOINS DE MAROCAINS DEDANS

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué chers lecteurs, mais voici désormais plus de six mois que je me trouve aux États-Unis. Comment? Parbleu? Oui, vous ne vous y trompez pas, moi-même je me demande comment j’ai pu vivre autant de temps au milieu de ces gens qui ne paient pas 25 dirhams pour traverser des passages piétons qui n’existent pas et qui, pire encore, utilisent encore des sacs en plastique, car rendez- vous compte que ces peuplades barbares de la rive ouest de l’Atlantique s’en servent encore. Après, ça se coltine tout un livre -“Fire and Fury”, pour ceux qui n’ont pas un secrétaire de la rédaction super comme Noureddine Jouhari pour leur envoyer sur WhatsApp- pour comprendre comment ça peut bien élire un ancien jury de Miss Univers président: Zéro Mika, croyez-moi, c’est l’avenir de la civilisation.

Les nouvelles du pays sont donc bonnes, et j’en suis bien content. En 2017, nous avons lancé des satellites, et nous nous sommes qualifiés pour la Coupe du monde. Nous sommes même, me révèle-t-on, sur le point de récupérer notre couronne de plus grand couscous du monde. A croire que je portais la poisse au Maroc, et d’ailleurs je suis disposé, si les intérêts supérieurs de la nation le commandent, à prolonger pour toujours mon séjour chez l’Oncle Sam, merci juste d’intervenir pour accélérer la procédure d’acquisition des papiers pour ma femme (et un petit agrément aussi, si c’est pas trop demander). D’ailleurs, je ne suis pas le seul à avoir compris que le Maroc, c’est mieux quand il y a moins de Marocains dedans pour l’empêcher de tourner en rond: attention juste à ne pas aller coloniser en Judée tout de même, au risque de vous prendre Ilyas Elomari en pleine gueule (ça risquerait de faire PAM, ce qui n’est pas très joli).

Tout en ayant en même temps à l’esprit de contrecarrer la détérioration des termes de l’échange due à nos multiples accords de libre-échange, certains ont ainsi eu l’ingénieuse idée de nous transformer, afin de maximiser notre potentiel à l’export, que ce soit en utilisant les camions de ramassage d’ordure d’Al Hoceima ou encore les mines de charbon de Jerada, ce qui par ailleurs s’inscrit dans notre stratégie éclairée et avant-gardiste de développement durable. Les patriotes qui, comme moi, n’ont pas les capacités d’endurer les rudes épreuves de l’exil et donc la vue quotidienne des sacs en plastique ont même pris sur eux-mêmes de se transformer en torches, ou, pour ceux qui sont sans doute nés sous le signe du poisson, de couler en Méditerranée. N’est-il pas bô l’amour du plus bô pays du monde? Les gens qui veulent y rester ne le considèrent donc plus vraiment comme étant le Maroc et sont nécessairement séparatistes. CQFD.

Pour revenir aux Etats-Unis et en même temps clore cette chronique, un ancien président du pays, John Fitzgerald Kennedy pour ne pas le citer, aimait à dire qu’il fallait non se demander ce que pouvait faire notre pays pour nous mais ce qu’au contraire on pouvait, nous, bien faire pour lui. Je ne sais pas s’il est très recommandé de prendre au mot un chef d’Etat américain, mais en tout cas maintenant, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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