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Affaire Tawfik Bouaâchrine: Le syndicat de la presse sort de sa réserve

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Alors que son procès se poursuit devant la cour d’appel de Casablanca, le directeur de la publication d’Akhbar Al Yaoum s’attaque au syndicat de la presse. Ce dernier réagit vigoureusement.

Tawfik Bouaâchrine avait-il besoin d’ouvrir un nouveau front alors qu’il est incarcéré depuis le 23 février 2018, et poursuivi pour abus et harcèlement sexuels, entre autres chefs d’accusation? Car voilà qu’il se met le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) sur le dos. Par le biais du quotidien Akhbar Al Yaoum et le site Al Yaoum 24 dont il est le directeur, il a multiplié les attaques contre des dirigeants du SNPM, notamment Younès Moujahid, secrétaire général du conseil fédéral du syndicat. Selon Akhbar Al Yaoum, M. Moujahid, ancien président du SNPM, mènerait campagne pour aggraver le cas Bouaâchrine, ternir son image et faire du chantage aux journalistes d’Akhbar Al Yaoum, les menaçant de bloquer leurs cartes de presse s’ils ne se désolidarisent pas avec leur directeur… M. Moujahid orchestrerait même ses menées par le biais de sites d’information qui lui sont redevables ou proches…

Mardi 10 avril, presqu’une demie page du quotidien Akhbar Al Yaoum reprenait les mêmes accusations. Il n’en fallait pas plus pour que le bureau national du SNPM se réunisse et publie un communiqué pour le moins incendiaire contre M. Bouaâchrine et son procédé.
Pour le SNPM, il n’a jamais été question de participer à une quelconque campagne contre le directeur d’Akhbar Al Yaoum. Plus, Abdellah Bekkali, président du syndicat, M. Moujahid, en plus de Hanane Rihab et Mohamed Talbi, membres du bureau national, ont rendu visite à M. Bouaâchrine dans les locaux de la BNPJ. Un signe de solidarité confraternelle d’abord. Ensuite, le SNPM ne s’est jamais mêlé du déroulement de cette affaire, qui selon le bureau national du syndicat, n’a rien à voir avec les délits de presse. Le communiqué du SNPM répond point par point aux accusations publiées par Akhbar Al Yaoum. Mais deux points méritent plus d’intérêt.

Le plus premier a trait au pouvoir dont disposerait M. Moujahid dans la délivrance des cartes de presse, le syndicat s’étonne d’une telle accusation. «Le SNPM étant représenté par quatre membres dans la commission des cartes de presse au même titre que le ministère de la communication, en plus de représentants des médias publics et de la fédération des éditeurs… l’étude des dossiers se fait en commission et la décision d’octroi ou non de la carte de presse est consignée dans des PV… » En plus, ajoute le syndicat, M. Moujahid n’a pas pris part aux réunions de ladite commission depuis plus de 20 ans.

Le deuxième point est encore plus intéressant, il s’agit du dernier paragraphe du communiqué. Il est écrit noir sur blanc que MM. Bekkali et Moujahid, en présence d’autres dirigeants du syndicat, ont reçu quatre plaignantes contre M. Bouaâchrine. Lesquelles avaient décidé de recourir au SNPM pour donner leur version des faits. D’autres plaignantes avaient, elles, préféré envoyer des lettres manuscrites explicitant les faits dont elles étaient victimes. Ces éléments-là feront l’objet d’une décision que le SNPM prendra au moment opportun suivant l’évolution du dossier…
Toujours est-il que le procès de M. Bouachrine ouvert le 8 mars se poursuit devant la cour d’appel de Casablanca

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