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Adil Ziady : « Au Maroc, l’essence est la moins chère de toute la région »

Adil Ziady, président du groupement des pétroliers du Maroc

Adil Ziady, président du groupement des pétroliers du Maroc

Maroc Hebdo: Une polémique a éclaté  récemment autour de la hausse des  prix des carburants et l’existence d’une  entente entre les opérateurs nationaux.  Comment réagissez-vous à cela?

Adil Ziady: Cette polémique n’a pas lieu  d’être car elle est tout simplement infondée.  Il faut savoir que la structure des prix  des carburants au Maroc intègre deux  variables principales: la variation des prix  pétroliers à l’international et la variation  du dollar. Concernant la première, elle se  base sur les prix du pétrole raffiné, généralement  supérieur au prix du pétrole brut.  Quant à la variation du dollar, elle est importante  ces derniers temps compte tenu  de l’appréciation du dollar face au dirham.  Le billet vert vaut aujourd’hui presque  9,75 dirhams. Ce qui rend encore plus  chers nos achats en pétrole, réglés en totalité  en dollars.

Maroc Hebdo: Certains affirment que  les prix des carburants augmentent chez  nous alors que les prix du pétrole à l’international  baissent. Est-ce vrai?

Adil Ziady: C’est totalement faux. Lorsque  les prix du pétrole baissent sur le marché  international, nous répercutons automatiquement  cette baisse sur les prix nationaux.  Seulement, le prix du pétrole raffiné  est forcément supérieur au prix du pétrole  brut. Et ce du fait que le premier subit un  traitement industriel qui le rend immédiatement  consommable.

Maroc Hebdo: Pour beaucoup, les prix à  la pompe actuels sont presque identiques  à ceux pratiqués il y a quelques années,  lorsque le prix du baril était à 150 dollars.  Comment expliquez-vous ce paradoxe?

Adil Ziady: Il y a quelques années, les  prix des carburants, au Maroc, étaient  subventionnés par l’Etat. Autrement dit,  c’est la fameuse compensation. Si les prix  avoisinaient à l’époque 9 à 10 dirhams  le litre, c’est parce que l’Etat prenait en  charge 3 à 4 dirhams. En l’absence de la  subvention de l’Etat, les prix auraient été  de 13 à 14 dirhams. Aujourd’hui, cette  compensation n’existe plus. Les prix affichés  actuellement reflètent la tendance  baissière du marché international.

Maroc Hebdo: Comment expliquez-vous  les différences de prix, bien que légères,  qu’on trouve entre les stations de services?

Adil Ziady: Cela est dû, en premier lieu,  à la libre concurrence sur le marché depuis  la levée de la compensation sur les  prix des carburants. Ensuite, les gérants  des stations fixent eux-mêmes leurs prix,  mais, généralement, ils s’alignent sur les  prix des autres pour pouvoir écouler leurs  marchandises.

Maroc Hebdo: Quelles sont les autres  charges qui alourdissent la structure des  prix?

Adil Ziady: Les principales charges sont  les taxes: la TVA et la TIC. Dans notre activité,  ces deux taxes sont fixes quel que  soit le volume de pétrole importé. Elles représentent  en moyenne 3,5 dirhams par  litre. Qu’on le veuille ou non, ces taxes  contribuent au renchérissement des prix  à la pompe.

Maroc Hebdo: Comment jugez-vous les  prix au Maroc par rapport à d’autres pays  dans la région?

Adil Ziady: Nous sommes les moins  chers dans toute la région. Dans les pays  du pourtour méditerranéen, les prix pratiqués  sont dans une fourchette variant  entre 1,3 et 1,7 dollar le litre.

Maroc Hebdo: Après la fermeture du raffineur  national, Samir, procédez-vous à  l’importation de la totalité de nos besoins  en pétrole?

Adil Ziady: Oui, en effet. Depuis l’arrêt  d’activité de la Samir, en août 2015, nous  importons la totalité du pétrole raffiné.  Les principaux pays d’où nous importons  le pétrole sont l’Inde, la Chine et les  Etats-Unis. Nous importons également  du Moyen-Orient

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