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Adil Lutete, journaliste marocain d’origine Kino-Congolaise

Au nom de la mère

En janvier 2017, la République démocratique  du Congo (RDC) remportait son  premier match de la Coupe d’Afrique  des nations (CAN) face au Maroc (1-  0). Mais des 80 millions de Kino-Congolais,  un au moins n’avait pas la tête à fêter la victoire  des Léopards. «Je me sens d’abord Marocain,  confesse Adil Lutete, dont le père est  Kino-Congolais et la mère est Marocaine. C’est  vrai que mon sentiment par rapport à cette  rencontre était mitigé mais je n’ai pas vraiment  eu à choisir.»

Si vous êtes un fidèle auditeur de Radio 2M,  le nom de Lutete vous est sans doute familier.  Chaque jour hormis ses jours de repos, ce journaliste  de 28 ans présente les flashs d’information  de la station. Il y travaille depuis 2013  après avoir écumé plusieurs autres rédactions  radiophoniques du pays.

Marocain «tal l’mout»
Encore étudiant à l’Institut supérieur de l’information  et de la communication (ISIC), il avait  notamment pris part, en 2009, au lancement  de Med Radio. Il s’était par la suite fait un nom  en tant que journaliste sportif à Radio Mars.  Jusqu’au mois d’avril 2016, il animait d’ailleurs  sur Radio 2M l’émission 100% sport Sportissimo  avec notre confrère Morad Moutaouakil.  Ce dernier était tombé sous le charme du  professionnalisme et du dynamisme de Lutete,  d’autant plus que celui-ci l’aidait bénévolement.  «J’ai dû arrêter à cause du master que  je poursuis actuellement à l’ISIC, nous explique  le concerné. Ce n’était plus évident de concilier  entre les études et l’émission le dimanche  soir.»

Lutete n’est officiellement devenu un sujet  de Sa Majesté qu’à l’âge de 19 ans, après  que le Maroc ait amendé son code de la nationalité  pour permettre également aux Marocaines  de transmettre leur marocanité à leurs  enfants. C’est d’ailleurs en tant qu’étranger  qu’il passe en 2007 le concours  de l’ISIC. Ceci n’empêche que  depuis qu’il a vu le jour, il s’est  toujours considéré comme un Marocain  «tal l’mout» (jusqu’à la mort,  en arabe dialectal). «Cela n’a rien à  voir avec les papiers, confie-t-il. La  marocanité est d’abord un sentiment. Je  n’ai par ailleurs jamais été en RDC. J’aurais  bien aimé m’y rendre, en fait. Mais disons  que grosso modo je me sens 51% Marocain  et 49% Kino-Congolais. Je ne peux  pas non plus renier ma filiation paternelle.  »

Dans la vie, Lutete aime voyager. En  2015, il s’était rendu par route au  Sénégal en passant par la Mauritanie.  «Des souvenirs magnifiques,  résume-t-il. C’était la première fois  que je sortais du pays.» Le Maroco-  Kino-Congolais est également  un sportif accompli. Depuis 2014,  il court les semi-marathons.  Sa première compétition avait été  le semi-marathon international  de la ville de Casablanca. Il avait  fait un temps de 2h04. «Mais  je me suis, depuis, beaucoup  amélioré, précise-t-il, taquin.  Au semi-marathon international  de la ville de ville de  Rabat, j’étais descendu à  1h42».

En octobre 2016, il avait également  tenté le marathon.  Mais à cinq kilomètres de  l’arrivée, il avait dû abandonner  en raison d’une  crampe au mollet. «Pour  autant, cela ne veut pas  dire que je ne recourrai  plus de marathon»,  lance-t-il, revanchard.  Pour Marocain qu’il soit,  ne sous-estimez jamais  un léopard

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