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Une action pour sauver les prisonniers palestiniens

Guillaume Jobin

UN DRAME OUBLIÉ

Des parlementaires et des élus locaux français empêchés par Israël de se rendre à Ramallah pour manifester leur soutien aux 6.300 prisonniers politiques palestiniens.

Le lundi 4 décembre, Fadwa Al Barghouti, l’épouse de l’emblématique leader palestinien Marwan Barghouti, emprisonné en Israël, accompagnée de l’épouse de Salah Hamouri, franco-palestinien également incarcéré, Elsa Lefort, ont été reçues par la maire d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, en compagnie d’associations et de mouvements de la jeunesse de la ville, faisant suite à d’autres réceptions similaires, notamment à Gennevilliers et Bezons, toutes villes de la couronne parisienne où la population d’origine maghrébine est importante.

Cette tournée des épouses des prisonniers en France est la réponse à un récent épisode qui s’est également déroulé sur le territoire français. Fin novembre, une délégation d’une vingtaine de parlementaires et d’élus français a voulu se rendre en Palestine pour manifester son soutien aux 6.300 prisonniers politiques palestiniens.

Avant même son départ, les autorités israéliennes, qui contrôlent tous les points d’accès en Palestine, ont signifié qu’elles refouleraient les élus. Seuls deux ont réussi, de façon indépendante, à gagner Ramallah. Raymond Ayivi, adjoint au maire de Bezons, précise: «Je ne suis pas venu pour faire de la plitique, mais simplement pour affirmer la nécessité de respecter les droits de l’Homme».

La communauté juive de France est estimée à environ 700.000 personnes, au sein de laquelle le soutien à Israël et l’opposition au règlement de la question palestinienne sont assez forts, même si quelques-uns, comme Simon Skira, président de l’Association des juifs marocains en France, militent pour la paix. «En face», en quelque sorte, la population d’origine maghrébine est forte d’environ 7 millions d’individus, selon Pierre Vermeren, historien spécialiste du Maroc.

La France est ainsi le seul pays d’Europe où le conflit israélo-palestinien trouve une résonance et qui représente un espoir de médiation potentielle. Mais les soutiens et les relais parisiens d’Israël ne restent pas inactifs. Noha Rashmawi, conseillère de l’ambassade de Palestine en France, déclare: «Je dénonce les attaques portées contre la municipalité d’Aubervilliers pour empêcher l’attribution de la citoyenneté d’honneur à Marwan Barghouti et les manoeuvres insidieuses dans les médias français pour noircir le fondement de cette tournée».

Pour paraphraser Staline se raillant du Pape, les soutiens français au peuple palestinien sont rares. Les élus se mobilisant pour faire sortir de prison Salah Hamouri, dont la condamnation ressemble plus à un coup monté qu’à une réalité, sont pour la plupart d’extrême-gauche ou communistes, à l’exception de quelques écologistes, républicains du parti LR ou du mouvement En Marche du président Macron. Pour la journaliste Amira Hass, juive et israélienne, correspondante à Ramallah du très libéral quotidien de Tel-Aviv, Haaretz: «Pour le gouvernement et une grande partie de l’opinion publique israélienne, c’est une affaire montée de toutes pièces par la France».

Nora Rashmawi, qui se rendra bientôt à Rabat, conclut: «Nous souhaitons attirer l’attention des Français et de nos frères francophones du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie sur les conditions de la détention administrative arbitraire pratiquée à l’encontre des prisonniers politiques palestiniens»

Par GUILLAUME JOBIN avec des étudiants marocains de l’ESJ Paris, dont M. Jobin est le président

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